Sri Lanka, Les décès dans les prisons doivent faire l’objet d’enquêtes

Sri Lanka prison

Au moins huit prisonniers ont été tués et plus de 50 blessés à la suite d’une mutinerie déclenchée par les détenus en lien avec la COVID-19 et la surpopulation carcérale au complexe pénitentiaire de Mahara, dans la province de l’Ouest.

« À très court terme, il faut une enquête approfondie et impartiale sur ces événements et sur le recours à la force meurtrière par les autorités carcérales, notamment les tirs à balles réelles, » a déclaré David Griffiths, directeur du bureau du secrétaire général à Amnesty International.

« L’enquête doit aussi prendre en compte les causes profondes. La mutinerie du 29 novembre reflète la détresse des prisonniers face à la menace de la COVID-19 dans des prisons très surpeuplées et face aux mesures inadéquates mises en place pour les protéger. Force est de constater que le nombre de prisonniers testés positifs au COVID-19 à travers le pays est en hausse.

« Les autorités sri-lankaises doivent remplir leur engagement et libérer des centaines de détenus afin de diminuer la surpopulation et d’améliorer les conditions carcérales. Si elles ne le font pas, il est probable qu’il y aura un nombre accru d’infections, et il faut s’attendre à de nouveaux troubles parmi les détenus et à de nouvelles violences. »

Amnesty International demande aux autorités sri-lankaises de libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers détenus uniquement parce qu’ils ont exercé pacifiquement leurs droits humains et, en vue de désengorger les prisons afin de réduire le risque de propagation du COVID-19, d’envisager toutes les alternatives à la détention, comme la libération conditionnelle ou anticipée, particulièrement pour les détenus qui ne représentent pas de véritable menace pour la population. Les autorités doivent veiller à ce que les détenus reçoivent des soins médicaux de même qualité que ceux disponibles au sein de la société, y compris lorsqu’il s’agit de tester, prévenir et traiter la COVID-19.

« Les autorités sri-lankaises doivent remplir leur engagement et libérer des centaines de détenus afin de diminuer la surpopulation et d’améliorer les conditions carcérales. Si elles ne le font pas, il est probable qu’il y aura un nombre accru d’infections, et il faut s’attendre à de nouveaux troubles parmi les détenus et à de nouvelles violences. »

En outre, les détenus doivent pouvoir communiquer avec leur famille, d’autant que les visites ont été restreintes en raison de la pandémie, et il faut permettre à des observateurs indépendants de surveiller leur situation.

Lors des évènements au complexe pénitentiaire de Mahara, la force meurtrière a été utilisée pour la troisième fois cette année contre des détenus au Sri Lanka depuis que l’épidémie de COVID-19 s’est répandue dans le pays. En mars, deux prisonniers ont été tués et plusieurs blessés à la prison d’Anuradhapura, dans la province du Centre-Nord, à la suite d’une contestation liée au COVID-19. Le 18 novembre, un prisonnier a été abattu alors qu’il tentait de s’évader de la prison de Bogambara, dans la province du Centre, où plus de 100 prisonniers avaient été testés positifs au COVID-19.

Les autorités carcérales doivent faire en sorte que la force illégale et excessive ne soit plus utilisée contre les prisonniers qui se révoltent contre leurs conditions de détention durant l’épidémie de COVID-19 et veiller à ce que la force ne soit employée que lorsqu’elle est strictement nécessaire et proportionnée à un but légitime.

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