Sri Lanka, la secrétaire générale d’Amnesty International conclut sa visite de cinq jours

Agnès Callamard, la secrétaire générale d’Amnesty International, a conclu lundi 20 mai une visite de cinq jours au Sri Lanka, durant laquelle elle a rencontré des représentants de l’État et un échantillon représentatif de la société pour discuter de diverses questions urgentes relatives aux droits humains.

« Cette visite a donné un aperçu des nombreux défis auxquels le Sri Lanka est confronté, 15 ans après la fin de la guerre qui a fracturé et polarisé la société sri-lankaise. Je suis profondément reconnaissante envers toutes les personnes qui ont dialogué avec nous, nous racontant leur douleur et leur chagrin, partageant leurs points de vue et leurs préoccupations, et exprimant leurs espoirs, leurs craintes et leurs demandes pour le présent et l’avenir. Amnesty International est prête à soutenir tous les efforts et engagements véritables visant à lutter contre l’impunité de longue date, à remédier aux violations et aux griefs du passé et du présent, et à mettre fin aux discriminations et à la répression des libertés fondamentales, a déclaré Agnès Callamard

« Nous remercions le président Wickremesinghe d’avoir donné de son temps et fourni l’occasion d’engager un dialogue constructif sur les défis auxquels le Sri Lanka est confronté sur le terrain des droits humains. En tant que siège de notre bureau régional pour l’Asie du Sud, le Sri Lanka est essentiel à notre travail et nous apprécions le soutien et l’engagement continu du gouvernement en faveur de notre cause.

« Nous déplorons également les actions répressives contre la liberté d’expression et de réunion pacifique »

« Une série de nouveaux textes, tels que la loi sur la sécurité en ligne et le projet de loi sur les ONG, illustrent de manière inquiétante les dangers auxquels la société civile dynamique du Sri Lanka est actuellement confrontée.

« Nous déplorons également les actions répressives contre la liberté d’expression et de réunion pacifique, notamment par le biais de l’utilisation des dispositions de la loi sur le PIDCP afin de procéder à des arrestations arbitraires. Celles-ci sont souvent menées sur la base d’accusations diverses et variées, sans charge formelle ni preuve, et entretiennent un sentiment d’incertitude au sein de la société. Il faut que cela cesse.

« Ceci est une année importante pour le Sri Lanka, qui marque le 15e anniversaire de la fin du conflit armé interne ayant duré trois décennies et fait des dizaines de milliers de blessé·e·s, de mort·e·s, de déplacé·e·s ou de disparu·e·s de force. Mais ce ne sont pas seulement les gouvernements successifs qui ont manqué à leurs devoirs envers les victimes et le peuple sri-lankais. Les personnes occupant des postes de direction, des élus aux dirigeants de l’opposition, en passant par les autorités religieuses et les médias nationaux, n’ont pas assuré la lutte contre l’impunité.

« Un manque apparent de volonté politique, ainsi que la complaisance dans l’administration de la justice, empêchent la réconciliation »

« Les élections prévues dans les prochains mois auront également un impact majeur sur le futur du Sri Lanka et sur les considérations relatives aux droits humains pour les années à venir. Les dirigeant·e·s politiques du pays doivent mettre en œuvre des mesures visant à renforcer la confiance de la population, qui s’attaqueront aux divisions, encourageront la solidarité interethnique et ouvriront des voies permettant de véritablement panser les blessures. Il est impératif de remédier aux injustices du passé et de faire un effort conscient pour créer un environnement propice à la réparation, tandis que le gouvernement envisage la mise en place d’une nouvelle Commission vérité et réconciliation.

« Un manque apparent de volonté politique, ainsi que la complaisance dans l’administration de la justice, empêchent la réconciliation, alimentent les griefs et favorisent l’instabilité. La complaisance n’a pas sa place ici.

« Nous exhortons la communauté internationale à travailler avec les autorités nationales afin de garantir vérité et justice pour toutes les victimes de la guerre et des violations des droits humains actuelles, et jeter les bases d’un Sri Lanka plus libre et plus équitable. »

CONTEXTE

Après une réunion avec le président Ranil Wickremesinghe jeudi 16 mai 2024, la délégation d’Amnesty International s’est rendue à Mullaithivu le lendemain pour rencontrer les familles dont les proches ont été victimes de disparitions forcées pendant la guerre.

Agnès Callamard a participé à la commémoration du 18 mai 2024 à Mullivaikkal marquant le 15e anniversaire de la fin de la guerre et des souffrances endurées par les Tamoul·e·s, avant de retourner à Colombo pour rencontrer des représentant·e·s de la communauté tamoule Malaiyaha, des défenseur·e·s des droits humains, des manifestant·e·s, des membres d’organisations de la société civile, des membres de la communauté internationale et des représentant·e·s du gouvernement.

La délégation d’Amnesty International s’est concentrée sur un certain nombre de questions clés, notamment l’absence d’obligation de rendre des comptes pour les graves violations des droits humains commises par les deux camps pendant le conflit armé interne, la répression du droit de réunion pacifique et la discrimination contre des groupes tels que la communauté tamoule Malaiyaha, la communauté musulmane et les personnes LGBTI.

Figurent parmi les autres domaines prioritaires abordés tout au long de la mission : les menaces contre la société civile, la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement, l’utilisation de lois antiterroristes telles que la loi sur la prévention du terrorisme pour réprimer l’opposition, le harcèlement, les menaces, la surveillance et les obstacles à la liberté de la presse, en particulier dans le nord du pays.

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