LAOS : Amnesty International demande la libération immédiate de cinq prisonniers d’opinion arrêtés il y a trois ans

Index AI :ASA 26/005/02

À l’occasion du troisième anniversaire de l’arrestation de cinq membres du Mouvement des étudiants laotiens pour la démocratie, Thongpaseuth Keuakoun, Khamphouvieng Sisaath, Seng-Aloun Phengphanh, Bouavanh Chanhmanivong et Keochay, Amnesty International a demandé ce jour (vendredi 25 octobre 2002) leur libération immédiate et inconditionnelle.

L’organisation considère ces cinq étudiants laotiens comme des prisonniers d’opinion, privés de leur liberté uniquement parce qu’ils ont exprimé sans violence leurs convictions politiques. Amnesty International est préoccupée par la sécurité de ces personnes, qui risquent d’être soumises à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements en détention.

Ces cinq hommes faisaient partie d’une trentaine de jeunes gens qui ont tenté le 26 octobre 1999 de manifester en brandissant des banderoles sur lesquelles ils appelaient à des changements politiques pacifiques au Laos. Selon des témoins oculaires dont Amnesty International a recueilli les déclarations, cette tentative de manifestation a été immédiatement réprimée par la police.

Depuis que ces cinq hommes ont été arrêtés en 1999, les autorités laotiennes ont toujours refusé de révéler où ils se trouvaient et ce qui était advenu d’eux, niant même qu’ils avaient été appréhendés. Selon certaines sources, en novembre 1999, un porte-parole du ministère laotien des Affaires étrangères avait déclaré : " J’ai soigneusement vérifié les informations et je peux vous assurer qu’il n’y a eu ni manifestation ni arrestation ces quinze derniers jours. Il est possible que certaines personnes ivres en soient venues aux mains ou aient fait un peu de bruit, ce qui a pu faire croire à des visiteurs de passage à Vientiane qu’une manifestation était en cours. "

C’est seulement au mois de juin 2002 que des responsables laotiens ont admis, au cours d’entretiens avec des membres du Parlement européen à Strasbourg, que ces cinq hommes avaient été condamnés en juin 2001 et qu’ils étaient maintenant incarcérés à la prison de Samkhe, à Vientiane. Aucune information n’a été fournie sur les chefs d’accusation dont ces hommes avaient été reconnus coupables, ni sur la longueur des peines prononcées à leur encontre.

Complément d’information
Amnesty International est vivement préoccupée par les conditions de détention qui règnent dans les prisons laotiennes. Dans un rapport publié en juillet 2002*, l’organisation évoque avec précision le sort de prisonniers politiques détenus arbitrairement, la privation de soins médicaux dont sont victimes des détenus, ainsi que la cruauté terrifiante dont font montre des représentants de l’administration pénitentiaire. Toute personne arrêtée au Laos risque d’être soumise à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements. Aucun groupe n’est autorisé à surveiller la situation des droits humains dans le pays, et les autorités interdisent aux experts internationaux de s’y rendre.

Le Laos est un pays pauvre, où les possibilités d’accès à l’enseignement et aux soins médicaux sont limitées, et l’espérance de vie à la naissance très faible. L’État contrôle d’une main de fer la société civile. La tentative de manifestation faite par les étudiants en octobre 1999 était le premier mouvement de protestation de ce type signalé depuis la fondation de la République démocratique populaire laotienne plus de vingt ans auparavant.

Note : * Ce rapport intitulé Lao People’s Democratic Republic : "The laws are promulgated but have no impact on the people" : Torture, ill-treatment and hidden suffering in detention a été traduit par la Section française d’Amnesty International sous le titre République démocratique populaire du Laos "Les lois sont promulguées, mais restent sans effet pour les gens" : Torture, mauvais traitements et souffrances cachées en détention (index AI : ASA 26/004/02).

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