LAOS : Deux prisonniers d’opinion libérés au bout de quatorze ans

Index AI : ASA 26/006/2004
ÉFAI

Jeudi 16 décembre 2004

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International se réjoui de l’arrivée sans encombre en France, ce jeudi 16 décembre, de deux anciens prisonniers d’opinion laotiens, Feng Sakchittaphong et Latsami Khamphoui. Tous deux avaient été libérés en octobre de cette année, après avoir purgé une peine de quatorze années de prison. Ils étaient inculpés, entre autres, de « préparation à la rébellion » et de « propagande contre la République démocratique populaire laotienne. »

Les deux hommes avaient défendu l’idée d’une réforme politique et économique pacifique du Laos - un pays de tolérance zéro pour toute forme de dissidence.

« Amnesty International partage la joie des familles de Feng et Latsami et espère que leur libération marque une nouvelle étape sur la route qui mènera au plein respect des droits humains pour tous au Laos », a déclaré Natalie Hill, directrice adjointe pour l’Asie d’Amnesty International

Beaucoup de personnes s’inquiétaient de l’éventualité d’une non-libération des deux hommes après la fin de leur peine - comme cela arrive trop fréquemment au Laos. On craignait également que les deux hommes ne soient pas autorisés à quitter le pays pour aller se faire soigner à l’étranger. Feng et Latsami sont tous deux âgés de soixante-deux ans et en mauvaise condition physique, avec notamment des problèmes rénaux et cardiaques. Les deux hommes ont de la famille proche en France.

Malheureusement, un autre prisonnier d’opinion, Thongsouk Saysangkhi est mort en prison avant de pouvoir être libéré. L’ancien collègue de Feng et Latsami est mort en 1998, à l’âge de cinquante-neuf ans. Les trois hommes avaient été arrêtés en même temps et étaient détenus dans des conditions extrêmement pénibles dans un camp, avec un droit de visite très restreint pour leurs familles. Thongsouk s’était vu refuser les soins médicaux qu’auraient nécessité ses graves problèmes de santé.

« Nous sommes de tout cœur avec la famille de Thongsouk Saysangkhi pour laquelle cette journée aurait également dû être remplie de joie ”, a ajouté Natalie Hill.

Complément d’information

Feng Sakchittaphong, Latsami Khamphoui et Thongsouk Saysangkhi étaient d’anciens hauts responsables du gouvernement, arrêtés en octobre 1990 pour s’être prononcés, dans des lettres, en faveur d’un changement non-violent du régime politique et du système économique au Laos. Feng occupait un poste important au ministère de la Justice ; Latsami était vice-ministre de l’Économie et du Plan et Thongsouk était vice-ministre des Sciences et des Technologies.

Tous trois avaient été condamnés en novembre 1992 à l’issue d’un procès contraire aux règles d’équité les plus élémentaires ; ils étaient inculpés de « préparation à la rébellion », de « propagande contre la République démocratique populaire laotienne » et de « diffamation écrite et orale ». Les trois hommes avaient été adoptés comme prisonniers d’opinion par Amnesty International en 1991.

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