Le Bélarus doit mettre fin à la répression de l’opposition

Amnesty International condamne la violente dispersion d’une manifestation globalement pacifique au lendemain de l’élection présidentielle, marquée par les irrégularités, qui s’est tenue dimanche 19 décembre au Bélarus.

Voir aussi le récent document (en anglais) publié avant les « élections » par Amnesty sur les inquiétudes principales en matière de droits humains. Téléchargez-le ICI

AGISSEZ en signant une pétition soutenue par Amnesty International : http://www.belarus-petition.org

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En 2006 déjà, les forces de polices réprimaient dans la violence des manifestations pacifiques d’opposants politiques©Charter 97

Dans le cadre de ce qui semble s’inscrire dans une vague de répression des activités de l’opposition, sept des neuf candidats de l’opposition à l’élection présidentielle ont été arrêtés, ainsi que pas moins de 500 manifestants pacifiques, opposants, défenseurs des droits humains et journalistes, dont beaucoup ont été frappés par la police antiémeutes.

Le 20 décembre, le ministre biélorusse de l’Intérieur, Anatoli Koulechov, a indiqué que les militants étaient inculpés d’avoir organisé un rassemblement non autorisé, un crime passible de 15 ans de prison au Bélarus. Selon une organisation non gouvernementale (ONG) locale, 14 personnes, dont cinq candidats à l’élection présidentielle, ont été inculpés de ce crime.

« Les événements des dernières 24 heures réduisent à néant les timides signes d’ouverture constatés au cours de la période qui a précédé le scrutin présidentiel, a déclaré Heather McGill, spécialiste de la Biélorussie au sein d’Amnesty International.

« Les autorités biélorusses doivent enquêter sur toutes les allégations de recours disproportionné à la force de la part de la police anti-émeutes. Elles doivent également examiner avec soin les circonstances dans lesquelles les violences ont éclaté. Les manifestants arrêtés pour avoir participé de manière pacifique au rassemblement doivent être immédiatement relâchés. S’ils sont condamnés à des peines d’emprisonnement, Amnesty International les considérera comme des prisonniers d’opinion. »

Le 20 décembre, il a été annoncé que le président sortant Alexandre Loukachenko avait été réélu pour la quatrième fois.

Plus de 20 000 personnes se sont rassemblées dans le centre de la capitale Minsk afin de dénoncer les fraudes électorales et de témoigner leur soutien aux candidats de l’opposition.

Elles se sont rendues devant le bâtiment du Parlement, sans être interceptées par la police, et s’y sont rassemblées pacifiquement. Vers 22 heures, un petit groupe d’hommes jeunes se tenant près des portes d’entrée, armés de matraques, le visage couvert par une écharpe, se sont mis à haranguer les manifestants pour qu’ils prennent d’assaut le Parlement. Ils ont fait voler en éclats portes et fenêtres. La police anti-émeutes a alors chargé pour disperser l’ensemble des manifestants.

D’après des témoins, les chefs de file de l’opposition ont appelé les manifestants à ne pas user de violence. Ils ont aussi rapporté que les policiers avaient frappé les manifestants et les journalistes à l’aide de matraques.

La journaliste Irina Khalip conduisait à l’hôpital son époux, le candidat Andreï Sannikov, blessé par la police anti-émeutes, lorsque des policiers les ont forcés à s’arrêter, avant de les extirper tous deux de la voiture et de les interpeller. Elle a eu le temps d’informer une station de radio russe que les policiers l’avaient frappée au visage avant que son téléphone ne soit coupé.

Un groupe de manifestants accompagnés par des journalistes, dont un correspondant du New York Times, avec à leur tête le candidat à l’élection présidentielle Vladimir Nekliaev, ont été bloqués par une voiture de patrouille alors qu’ils s’apprêtaient à rejoindre la manifestation à 19 heures. Après avoir tenté de déplacer la voiture pour passer, nombre d’entre eux ont été frappés. Vladimir Nekliaev a été blessé à la tête et s’est rendu à l’hôpital pour s’y faire soigner. Des policiers l’ont plus tard contraint à quitter l’hôpital et l’ont placé en détention.

Des descentes de police ont eu lieu tout au long de la nuit au siège des partis d’opposition, chez des défenseurs des droits humains et dans des agences de presse, et des militants de la société civile ont été interpellés.

Des mesures de harcèlement ciblant les partisans de l’opposition avaient déjà été prises avant l’élection présidentielle. Les 18 et 19 décembre, certains d’entre eux ont été détenus ou bloqués dans leurs appartements par des policiers.

« Ces mesures de répression sont une nouvelle tentative visant à réduire au silence l’opposition et montrent le profond mépris des autorités biélorusses envers les droits humains, a déploré Heather McGill.

« La force avec laquelle les manifestations pacifiques ont été réprimées démontre le peu de cas que font les autorités biélorusses du droit à la liberté d’expression et du droit de protester de manière pacifique, et illustre jusqu’où elles sont prêtes à aller pour garder le pouvoir. »

Amnesty International a fréquemment recueilli des informations sur les violations du droit à la liberté de réunion au Bélarus, où des lois restrictives interdisent tout événement à moins de 200 mètres des bâtiments publics, des stations de métro ou des passages piétons.

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