Communiqué de presse

Le Bélarus marque contre son camp en arrêtant des militants avant le championnat du monde de hockey sur glace

Le gouvernement bélarussien a marqué contre son propre camp en durcissant le ton contre la société civile dans l’objectif de réduire au silence les dissidents avant le championnat du monde de hockey sur glace, qui débute vendredi 9 mai à Minsk, a déclaré Amnesty International lors du lancement d’une nouvelle action en faveur de la libération immédiate de militants pacifiques.

Les membres de la société civile travaillent actuellement dans une atmosphère de répression accrue au Bélarus. Ces 10 derniers jours, 16 d’entre eux ont été arrêtés et incarcérés.

« Au lieu de se ressaisir avant le championnat, les autorités bélarussiennes ont préféré museler des personnes qui pourraient, craignent-elles, dénoncer les abus. À l’heure où les critiques sont de plus en plus souvent étouffées au Bélarus, c’est de l’étranger qu’elle doivent venir en rafales », a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

Au moins huit personnes ont été arrêtées le 26 avril après un défilé pacifique organisé à Minsk afin de commémorer le 28e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Les organisateurs du défilé avaient demandé et obtenu auprès des autorités la permission d’organiser la manifestation. Ils ont tous été condamnés à des peines de détention administrative d’une durée allant de 15 à 25 jours. Huit autres militants ont été arrêtés les jours précédant le défilé.

Stade de hockey virtuel

Amnesty International lance sur les médias sociaux une action coïncidant avec le championnat du monde de hockey sur glace, avec un site Internet interactif demandant aux autorités bélarussiennes d’abroger des lois trop sévères et de libérer immédiatement et sans condition trois prisonniers d’opinion incarcérés de longue date.

Un « stade de hockey virtuel » invite les internautes à manifester leur solidarité en réservant des tickets aux côtés des prisonniers d’opinion bélarussiens Ales Bialiatski, Nikolaï Statkevitch et Édouard Lobov afin d’observer les droits humains au Bélarus. Les signatures seront collectées et envoyées au président Alexandre Loukachenko.

Cette action attire l’attention sur la tendance notoire des autorités bélarussiennes à punir ceux qui s’expriment haut et fort au sujet des droits humains.

La loi relative aux événements de grande ampleur, introduite en 1997, contient des dispositions rendant quasiment impossible l’organisation de quelque rassemblement public que ce soit sans la permission expresse des autorités. Cela restreint de manière considérable la liberté de réunion ou même la possibilité de mener une action militante à titre individuel.

Le Code pénal bélarussien érige en infraction les activités des organisations non gouvernementales (ONG) non enregistrées. La plupart de celles-ci rencontrent de graves difficultés pour se faire enregistrer et les personnes concernées encourent jusqu’à deux années d’emprisonnement pour avoir participé aux activités d’organisations non immatriculées.

« Le Bélarus ne gagnera aucun fan s’il ne se met pas à respecter les règles du jeu. La libération de prisonniers d’opinion et l’abrogation de lois répressives constitueraient un bon point de départ », a déclaré John Dalhuisen.

Les prisonniers d’opinion dont Amnesty International prend la défense dans le cadre de cette action sont :

Ales Bialiatski
Condamné à quatre ans et demi de prison, Ales Bialiatski a déjà purgé trois ans de sa peine. Il a été emprisonné en raison de ses activités de défense des droits fondamentaux, du fait de son rôle de président du Centre des droits humains Viasna. Cette organisation œuvre à la promotion et à la protection des droits humains au Bélarus, contre la peine de mort, la torture et les autres formes de mauvais traitements, et en faveur de prisonniers politiques.

Ales Bialiatski a été emprisonné pour « dissimulation massive de revenus », après avoir utilisé ses comptes bancaires personnels en Lituanie et en Pologne afin de financer le travail de son organisation. Depuis des années, les autorités bélarussiennes refusent d’enregistrer cette organisation, la forçant à fonctionner de manière clandestine et lui faisant subir un harcèlement constant. En raison de son statut « illégal », le Centre des droits humains Viasna a dû ouvrir des comptes bancaires à l’étranger.

Amnesty International estime qu’Ales Bialiatski n’a pas bénéficié d’un procès équitable. Certains des éléments de preuve présentés n’avaient pas été authentifiés ou étaient anonymes.

La vie en prison est éprouvante pour Ales Bialiatski. Les visites de son épouse sont très limitées, les colis de nourriture parviennent rarement jusqu’à lui et il est souvent isolé des autres prisonniers.

L’an dernier, alors qu’il était en prison, il s’est vu décerner le prix Václav Havel pour les droits humains, pour son travail visant à améliorer la situation de ces droits au Bélarus.

Nikolaï Statkevitch
Nikolaï Statkevitch purge actuellement une peine de six ans de travaux forcés pour son implication dans une manifestation de masse ayant eu lieu fin 2010, après l’annonce des résultats contestés de l’élection présidentielle.

Il avait été l’un des candidats de l’opposition cette année-là. Il a été condamné en mai 2011 pour « organisation de perturbations massives. »

En janvier 2012, il a été transféré d’une colonie pénitentiaire vers un régime carcéral plus strict pour avoir semble-t-il enfreint le règlement de la prison. D’après son épouse, Marina, Nikolaï Statkevitch est actif en prison et s’efforce d’obtenir une amélioration des conditions d’hygiène dans tout le système pénitentiaire.

Le nombre de visites est limité à deux par an, d’une durée de deux heures chacune. Il a droit à un appel téléphonique par mois.

Marina a récemment dit à Amnesty International qu’elle compte les jours et qu’elle se consacre désormais à un travail de sensibilisation à la répression qui sévit au Bélarus.

Édouard Lobov
Édouard Lobov est un membre de Jeune Front, la plus grande organisation de jeunesse d’opposition non enregistrée au Bélarus. Il a été appréhendé en décembre 2010, la veille de l’élection présidentielle, et inculpé de « houliganisme ». Il a été condamné à une peine de quatre ans d’emprisonnement.

Il a été arrêté pour avoir semble-t-il agressé des passants un jour avant l’élection. Un autre militant du Jeune Front qui se trouvait sur place à ce moment-là a indiqué à Amnesty International que c’est en fait Édouard et ses amis qui avaient été attaqués.

Amnesty International pense que les autorités l’ont arrêté pour l’empêcher de prendre part aux manifestations susceptibles de faire suite à l’élection. Il doit être libéré en décembre de cette année.

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