Le gouvernement continue de fuir ses responsabilités

L’annonce faite dimanche 13 novembre par le Premier ministre Malcolm Turnbull sur la réinstallation en pays tiers est une nouvelle mesure radicale prise par le gouvernement australien pour échapper à ses responsabilités, a déclaré Amnesty Australie.

Le Premier ministre Malcolm Turnbull a annoncé dimanche que le gouvernement australien était en discussion avec les États-Unis pour que certains des réfugiés parqués sur les îles de Nauru et de Manus soient installés aux États-Unis via un processus géré par le HRC.

« Ce qu’a fait le gouvernement australien est une honte absolue. Après avoir d’abord envoyé plusieurs milliers de personnes dépérir pendant trois ans sur les îles de Nauru et de Manus, puis avoir installé un système de traitement extraterritorial sur Nauru qui s’apparente à de la torture, voilà maintenant qu’il se défile au moment de leur offrir une protection, » a déclaré Graham Thom, coordonnateur Réfugiés à Amnesty International Australie.

« L’Australie est l’un des pays les plus riches du monde et devrait montrer l’exemple à un moment où, au niveau mondial, un nombre record de personnes sont contraintes de fuir pour chercher la sécurité. Notre gouvernement ne joue cependant pas son rôle dans l’accueil des personnes qui fuient les conflits et la persécution. Cela doit changer au plus vite.

« Pour avoir constaté les violences que subissent les personnes sur les îles de Nauru et de Manus, Amnesty Australie se réjouit pour celles et ceux qui seront réinstallés aux États-Unis, car pour ces personnes les violences prendront fin. Nous remercions les États-Unis de leur offrir une vraie chance de s’installer et de recommencer leur vie dans un endroit sûr.

« Ce que cette annonce montre clairement, c’est que le gouvernement australien reconnaît enfin que sa politique de traitement extraterritorial n’est pas défendable et que les centres sur les îles de Nauru et de Manus doivent être évacués et fermés au plus vite. »

Amnesty Australie est extrêmement préoccupée par le manque d’informations fournies par le gouvernement australien sur le calendrier de cet accord et par le flou qui entoure le nombre de personnes qui pourront s’installer aux États-Unis. L’organisation craint que de nombreuses personnes ne soient laissées pour compte.

Amnesty Australie est également préoccupée par l’introduction du visa d’une durée de 20 ans pour les personnes se trouvant sur Nauru, compte tenu des maltraitances systématiques, des attaques, de la discrimination et du manque de soins médicaux adaptés auxquels sont confrontées depuis des années les centaines de personnes parquées sur Nauru par le gouvernement australien.

« La population vivant sur les îles de Nauru et de Manus a subi d’importants traumatismes aux mains du gouvernement australien. Pour une solution durable à l’échec de la politique de traitement extraterritorial, il faut que toutes les personnes soient installées en toute sécurité dans un endroit où elles ont accès à des services de santé adaptés et à des services de soins pour victimes de torture, au lieu de les abandonner à l’incertitude sur leur sort, » a déclaré Graham Thom.

Amnesty Australie réfute les affirmations du gouvernement lorsqu’il avance que l’interdiction à vie d’entrer sur le territoire australien est une mesure nécessaire pour permettre la réinstallation dans des pays tiers des réfugiés et demandeurs d’asile se trouvant sur les îles de Nauru et de Manus. L’interdiction à vie est une proposition choquante et inutile qui établit une discrimination entre les personnes cherchant refuge dans le pays en fonction de leur moyen d’arrivée, ce qui est contraire aux obligations de l’Australie en vertu du droit international.

Amnesty Australie demande au gouvernement australien de trouver une solution à la situation intenable qu’est la détention extraterritoriale. Le moyen le plus juste et le plus rapide de s’occuper des 2 000 hommes, femmes et enfants qui se trouvent sur les îles de Nauru et de Manus est de les amener en Australie dès maintenant pour traiter leur demande d’asile et accueillir les réfugiés dans notre communauté.

Dans un second temps, l’Australie doit investir au plus vite dans d’autres solutions pour protéger les droits fondamentaux des personnes demandant asile et prévenir les morts qui peuvent l’être : deux objectifs qui doivent être la base de toute politique relative aux demandeurs d’asile.

« Des solutions humaines existent pour réduire le nombre de morts en mer et mettre fin aux atteintes aux droits humains. L’un ne doit pas se faire aux dépens de l’autre, et il est grand temps que le gouvernement australien arrête de fermer les yeux sur le sujet, » a déclaré Graham Thom.

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