Le gouverneur de l’Oregon suspend les exécutions et ouvre la voie à l’abolition

Amnesty International salue la position de principe prise par un gouverneur d’État américain qui a décrété cette semaine un moratoire sur les exécutions jusqu’à la fin de son mandat.

Le gouverneur de l’Oregon, John Kitzhaber, a accordé un sursis à Gary Haugen, condamné pour meurtre, qui devait être exécuté le 6 décembre après avoir renoncé à ses voies de recours.

John Kitzhaber a déclaré que l’application de la peine de mort en Oregon n’était « ni équitable ni juste » et qu’il ne permettrait plus aucune exécution tant qu’il serait gouverneur.

« Ce type de position de principe est une chose que nous voyons trop peu souvent aux États-Unis, où les exécutions continuent alors même que d’autres pays ont abandonné ce châtiment, a souligné Rob Freer, chargé des recherches sur les États-Unis au sein d’Amnesty International.

« Le corps législatif de l’Oregon doit saisir l’opportunité fournie par le gouverneur Kitzhaber et transformer ce moratoire temporaire en abolition définitive. »

John Kitzhaber a annoncé le 22 novembre qu’il suspendait l’exécution de Gary Haugen, un homme de 49 ans qui risquait d’être exécuté par injection létale après avoir abandonné ses voies de recours.

La veille, la cour suprême de l’Oregon avait statué que l’exécution de Gary Haugen pouvait avoir lieu, rejetant à une faible majorité une requête visant à obtenir une nouvelle audience destinée à évaluer les capacités mentales de cet homme.

Gary Haugen a été condamné à mort en 2007, en même temps que Jason Van Brumwell, pour le meurtre d’un codétenu, David Polin, au pénitencier d’État de l’Oregon en 2003.

Plus tôt cette année, une neuropsychologue a établi que Gary Haugen était atteint de « troubles délirants le rendant inapte à être exécuté ».

Les autorités de l’Oregon ont ôté la vie à deux prisonniers depuis la reprise des exécutions judiciaires aux États-Unis en 1977 – l’un en 1996 et l’autre 1997. Tous deux ont été exécutés au cours du premier mandat du gouverneur Kitzhaber.

Ce dernier a déclaré avoir autorisé ces deux exécutions « malgré [son] opposition personnelle à la peine de mort ».

Il a indiqué : « Je ne pense pas que ces exécutions nous aient permis d’être plus en sécurité ; elles n’ont certainement pas contribué à nous rendre plus nobles en tant que société. Je ne pourrais plus participer à quelque chose que j’estime contraire à la morale ».

Le gouverneur a fait remarquer que bon nombre de juges, de procureurs, de législateurs et de proches de victimes consentaient maintenant à dire que le système de la peine de mort en Oregon s’était « grandement détérioré ».

Il a appelé le corps législatif de cet État à « introduire des réformes potentielles avant la session législative de 2013 », en ajoutant qu’il était « convaincu qu’il est possible de trouver une meilleure solution », face aux crimes violents, qui favorise la sécurité publique et aide les victimes et leurs familles.

John Kitzhaber a expliqué qu’il avait choisi de ne pas commuer la peine de mort prononcée à l’encontre de Gary Haugen et de 36 autres prisonniers attendant d’être exécutés dans l’Oregon car « la politique de cet État n’est pas seulement de [son] ressort  ».

« Ce qu’a fait le gouverneur Kitzhaber concorde parfaitement avec l’esprit abolitionniste du droit international relatif aux droits humains et les appels répétés de l’Assemblée générale des Nations unies en faveur d’un moratoire mondial. Les autres États américains devraient suivre son exemple », a ajouté Rob Freer.

John Kitzhaber a été réélu comme gouverneur pour la troisième fois pour quatre ans en 2010. Son mandat actuel a débuté en janvier 2011 et finira en janvier 2015.

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