Le journal The Post réduit au silence

La décision de fermer le journal indépendant The Post est un stratagème visant à réduire au silence les médias en amont des élections, a déclaré Amnesty International le 22 juin 2016.

Les autorités zambiennes ont ordonné le 21 juin 2016 la fermeture de la société d’édition Post Newspapers Limited, à qui elles réclament 6,1 millions de dollars des États-Unis d’arriérés d’impôt. Or, le journal estime que les autorités utilisent la loi de façon sélective pour s’en prendre aux organes de presse qui les critiquent.

« La fermeture du journal The Post est inquiétante car elle vise clairement à museler les médias qui expriment des critiques. La fermeture de l’un des principaux journaux zambiens indépendants en amont d’une élection porte atteinte à la liberté des médias. Les autorités doivent immédiatement annuler cette décision, a déclaré Deprose Muchena, directeur régional pour l’Afrique australe à Amnesty International.

« Si le journal doit un arriéré d’impôt, les arrangements nécessaires doivent être pris pour régler ce litige. La fermeture de ce journal menace le droit à la liberté d’expression. »

La fermeture de ce journal intervient en amont des élections législatives qui doivent se tenir en Zambie le 11 août et alors que la campagne électorale monte en puissance. The Post compte parmi les rares journaux indépendants en Zambie qui expriment clairement des opinions politiques et des critiques.

« Les médias ne doivent pas être pris pour cibles. Ils doivent au contraire être encouragés, soutenus et renforcés afin que soient garantis le respect de l’obligation de rendre des comptes et l’équilibre des pouvoirs, en particulier en cette période d’élections, a déclaré Deprose Muchena.

« Au lieu d’entraver la liberté de la presse, le gouvernement devrait encourager l’indépendance et la diversité des médias. »

Complément d’information

Le 15 juillet 2015, la police a arrêté le propriétaire du journal The Post, Fred M’membe, ainsi que la journaliste Mukosha Funga pour un article qu’ils avaient publié en mars. Celui-ci portait sur une enquête de la Commission anticorruption visant un conseiller présidentiel qui aurait sollicité un pot-de-vin auprès d’un homme d’affaires chinois en échange d’un rendez-vous avec le président.

The Post avait publié une lettre envoyée par la commission au président pour l’informer de cette enquête. En mai, le conseiller présidentiel a signalé cette fuite d’informations à la police, qui a interrogé les journalistes et les a laissés en liberté.

Ils ont cependant été arrêtés le 15 juillet et ont passé une nuit en détention, avant de comparaître devant un tribunal sous l’inculpation de publication d’informations classées secret. Ils ont été libérés le lendemain après le versement d’une caution de plus de 3 000 dollars des États-Unis chacun.

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