Le Nigeria exhorté à commuer toutes les peines de mort après décision de justice

Les autorités nigérianes doivent commuer toutes les peines de mort et imposer un moratoire sur les exécutions, a déclaré Amnesty International le 11 juillet 2011 après que la Cour suprême a confirmé la peine capitale comme sentence dans une affaire.

Le 8 juillet, la Cour suprême, à Abuja, a confirmé le verdict rendu par deux juridictions inférieures qui ont déclaré que l’actrice Rabi Ismail a drogué et noyé Auwalu Ibrahim en décembre 2002 dans le nord de la ville de Kano. Rabi Ismail a été condamnée à mort en décembre 2004. Si l’exécution a lieu, elle serait la première au Nigeria depuis 2006.

« Le président Goodluck Jonathan doit montrer la voie et déclarer un moratoire officiel sur les exécutions, a déclaré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnesty International.

« Ainsi, le gouvernement nigérian agirait conformément à la tendance mondiale en faveur de l’abolition de la peine de mort. »

Les exécutions se déroulent dans le plus grand secret et les statistiques officielles sont difficiles d’accès. Bien qu’un représentant du Nigeria aux Nations unies ait déclaré en 2007 qu’aucune exécution n’avait eu lieu au cours des dernières années, Amnesty International a pu confirmer que six condamnés à mort ont été exécutés en 2006 sans jamais avoir eu la possibilité de faire appel de la peine capitale prononcée contre eux.

« Les failles du système judiciaire pénal au Nigeria signifient que des centaines de condamnés à mort n’ont pas bénéficié d’un procès équitable et sont donc peut-être innocents », a ajouté Erwin van der Borght.

Quelque 830 condamnés à mort sont actuellement incarcérés au Nigeria, dont huit femmes, 10 prisonniers âgés de plus de 70 ans et plus de 20 personnes qui étaient âgées de moins de 18 ans au moment des faits qui leur sont reprochés.

Des groupes d’experts créés en 2004 par l’ancien président, Olusegun Obasanjo, reconnaissent que le système judiciaire pénal du Nigeria ne peut garantir un procès équitable et recommandent donc un moratoire sur les exécutions.

Depuis le retour de la démocratie en mai 1999, au moins 650 personnes ont été condamnées à mort au Nigeria. Durant cette période, 22 personnes, voire plus, ont été exécutées.

En avril 2010, les gouverneurs du Nigeria auraient décidé d’exécuter des condamnés à mort « afin de désengorger les prisons ». Cette décision a été confirmée en juin 2010 lors d’une réunion du Conseil national économique.

Deux requêtes déposées par des organisations nigérianes de défense des droit humains ont néanmoins obligé les 36 États nigérians à s’abstenir de procéder aux exécutions.

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