Le Prix Martin Ennals 2006 décerné à des défenseurs des droits humains d’Iran et du Zimbabwe

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

POL 30/047/2006

10 octobre 2006

Le Prix Martin Ennals, attribué aux défenseurs des droits humains, sera décerné le 11 octobre 2006 à Akbar Ganji, journaliste d’investigation iranien devenu militant et Arnold Tsunga, avocat et commentateur radio zimbabwéen.

Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, remettra le Prix lors d’une cérémonie qui aura lieu dans le Bâtiment des Forces Motrices, à Genève (en Suisse) le mercredi 11 octobre 2006 à 17h30, dans le cadre du Festival international des médias nord-sud.

Le président du jury du Prix Martin Ennals, Hans Thoolen, a décrit les lauréats comme « des symboles du mouvement de défense des droits humains dans leurs pays respectifs, où défendre les droits humains et la démocratie est une activité dangereuse ; ils continuent de s’impliquer dans cette lutte en dépit des mesures répressives et des actes de harcèlement dont ils font l’objet. »

Akbar Ganji a été arrêté en 2000 pour avoir écrit des articles mettant en cause plusieurs personnalités politiques dans une série de meurtres d’opposants intellectuels et écrivains en 1998. Il a ensuite été condamné à une peine d’emprisonnement pour avoir « collecté des informations confidentielles portant atteinte à la sûreté de l’État et diffusé de la propagande contre le système islamique. » Maintenu en détention pendant six années dans des conditions très dures en violation des normes internationales relatives aux droits humains, il a été battu par ses gardiens et placé à l’isolement. Après une grève de la faim en 2005 et un bref séjour à l’hôpital, il a été remis en liberté sous condition en mars. Après s’être rétabli, il a entamé une tournée en vue de présenter les mouvements intellectuels iraniens et les cercles démocratiques à des philosophes, des théoriciens et des militants de défense des droits humains de renom. Il a écrit de nombreux articles pour des journaux réformistes, dont beaucoup ont été fermés. Lorsqu’il était en prison, ses écrits ont été distribué clandestinement à l’extérieur, beaucoup ont été publiés sur internet. Il a plus particulièrement écrit une Manifeste républicain en six chapitres en mars 2002, dans lequel il exposait ses vues pour la constitution d’une république véritablement démocratique en Iran.

Arnold Tsunga est président de la Zimbabwe Human Rights Association (ZimRights, Association zimbabwéenne pour les droits humains) et membre du conseil d’administration de la station de radio Voice of the People (VOP, Voix du Peuple). C’est aussi l’un des avocats les plus connus au Zimbabwe pour sa défense des droits humains. En reconnaissance de son travail juridique sur les droits humains et de sa grande réputation dans ce domaine il est devenu le nouveau directeur de l’organisation Zimbabwe Lawyers for Human Rights (ZLHR, Avocats du Zimbabwe pour les droits humains) début 2003. En dépit des grands risques personnels encourus, Arnold Tsunga a accepté de représenter des personnes qui avaient été arrêtées au titre d’une nouvelle législation répressive ; certaines de ces personnes avaient subi des violences physiques en détention. Pour avoir représenté ces victimes d’atteintes aux droits humains et avoir dénoncé le système juridique et la situation des droits humains, il est constamment soumis à des actes de harcèlement et des menaces. Il a été arrêté plusieurs fois avant d’être récemment libéré sous caution. Son courage et son action sont internationalement reconnus : en juin 2006, on lui a demandé de prendre la parole au nom des organisations de défense des droits humains lors de la première session du nouveau Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève.

Complément d’information

Le Prix Martin Ennals, attribué aux défenseurs des droits humains, est le fruit d’une collaboration unique entre onze des principales organisations de défense des droits humains. Le jury est composé de membres des organisations non-gouvernementales suivantes : Amnesty International, Human Rights Watch, Human Rights First, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), le Service international pour les droits de l‘homme, Front Line, la Commission internationale de juristes (CIJ), le Bureau droits de l’homme de Diaconia en Allemagne, International Alert et le Système d’information et de documentation sur les droits humains (HURIDOCS).

Les précédents lauréats sont : Aktham Naisse, Syrie (2005), Lida Youssoupova, Russie, Alirio Uribe Muñoz, Colombie, Jacqueline Moudeina, Tchad, l’Internationale des Brigades de la paix, Colombie, Immaculée Birhaheka, République démocratique du Congo, Natasha Kandic, Yougoslavie, Eyad El Sarraj, Palestine, Samuel Ruiz Garcia, Mexique, Clément Nwankwo, Nigéria, Asma Jahangir, Pakistan, Harry Wu, Chine (1994).

Parmi les parrains du Prix Martin Ennals, on trouve : Asma Jahangir, Barbara Hendricks, José Ramos-Horta, Adama Dieng, Leandro Despouy, Robert Fulghum et Theo van Boven.