Le procès de Radovan Karadzic doit avoir lieu pour que les victimes de la guerre de Bosnie obtiennent justice

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI-
26 octobre 2009

Amnesty International a qualifié l’ouverture à La Haye du procès de l’ancien leader bosno-serbe Radovan Karadzic d’étape importante vers la justice pour les dizaines de milliers de victimes de la guerre de Bosnie.

Radovan Karadzic, ancien président de la République bosno-serbe, a été arrêté en juillet 2008, plus de douze ans après avoir été inculpé de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour son rôle dans le conflit des années 1990.

« Ce procès met en évidence le principe élémentaire selon lequel lorsqu’il y a suffisamment d’éléments de preuve, les personnes accusées de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité doivent être jugées, dans le cadre d’un procès équitable, par un tribunal national ou international », a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

Le procès de Radovan Karadzic qui devait s’ouvrir lundi 26 octobre devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (le Tribunal), à la Haye, a été ajourné parce que l’accusé ne s’est pas présenté à la première audience.

«  Le Tribunal devrait bénéficier de suffisamment de temps et de ressources pour mener à bien le travail important qui lui a été confié, en particulier les poursuites contre Ratko Mladic et Goran Hadzic, qui sont toujours en fuite », a ajouté Nicola Duckworth.

« Il est extrêmement important pour les victimes de ces crimes que le Tribunal puisse mener à terme son mandat. »

Ratko Mladic et Goran Hadzic sont tous deux accusés d’avoir, lorsqu’ils étaient aux commandes, autorisé des crimes de guerre et de génocide ; ils font également l’objet d’autres inculpations dans le cadre du conflit dans l’ex-Yougoslavie.

Le procès s’ouvre grâce à une décision importante de la Chambre de première instance, qui a statué qu’un individu accusé de tels crimes ne pouvait bénéficier d’aucune immunité même si, comme Radovan Karadzic l’a affirmé, il s’était vu promettre l’immunité de poursuites lors des négociations de paix.

Radovan Karadzic fait l’objet de :

• deux chefs d’accusation de génocide - en relation avec la persécution de Bosno-Musulmans et de Bosno-Croates en Bosnie-Herzégovine en 1992 et avec le génocide de Bosno-Musulmans à Srebrenica en juillet 1995 ;

• cinq chefs d’accusation de crimes contre l’humanité tels que persécution, extermination, meurtre et déportation ;

• quatre chefs d’accusation de violations des lois et coutumes de la guerre telles que la prise d’otages et la diffusion de la terreur au sein de la population.

Amnesty International a souligné à maintes reprises à quel point il était important que viennent s’ajouter aux interventions du Tribunal des initiatives d’autres pays, pour enquêter sur les dizaines de milliers d’autres crimes qui ont été commis et en juger les auteurs présumés, notamment les suspects de moins haut rang contre lesquels le Tribunal ne peut intervenir.

Il y a de fortes chances que le procès de Radovan Karadzic soit terminé avant la fermeture du Tribunal, mais les procès devant cette instance ne suffiront pas pour rendre justice à toutes les victimes du conflit des Balkans.

La communauté internationale a la responsabilité de s’assurer que les droits à la justice, à la vérité et aux réparations de toutes les victimes soient respectés. Sinon, l’avènement de la justice dans l’ex-Yougoslavie risque de rester une tâche inachevée et ce seront les milliers de victimes de ces crimes qui en paieront le prix.

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