Le Processus de Bali : la priorité pour les droits humains des réfugié-e-s.

La protection des réfugié-e-s et des migrant-e-s et les politiques axées sur les droits humains doivent figurer en tête des priorités de la sixième Conférence ministérielle du Processus de Bali (22 et 23 mars), a déclaré Amnesty International.

«  La sécurité des réfugiés et des migrants doit constituer une priorité absolue pour cette réunion de haut niveau sur le Processus de Bali. En 2015, des centaines de personnes sont mortes parce qu’elles ont emprunté des routes maritimes dangereuses clandestinement dans les eaux de l’Asie du Sud-Est. Un grand nombre de personnes en mouvement dans cette région fuient la persécution et, en cherchant à se mettre en sécurité, elles affrontent parfois des situations où elles risquent de subir d’autres violences ou de mourir, a déclaré Champa Patel, directrice par intérim pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.

«  L’an dernier, quand des bateaux ont été repoussés dans le golfe du Bengale et en mer d’Andaman, on a vu quelles pouvaient être les terribles conséquences qu’entraîne le fait de ne pas tenir compte de la situation des personnes qui se résolvent à entreprendre un dangereux périple dans l’espoir d’échapper aux graves menaces qui pèsent sur elles et au risque de mourir. Les gouvernements ne se sont pas acquittés de leur obligation de respecter, promouvoir et protéger les droits des réfugiés et des migrants.  »

Le Processus de Bali est un forum international qui a pour objectif de faciliter les discussions et le partage d’informations sur les questions relatives au trafic et à la traite des êtres humains et aux crimes transnationaux connexes. Il est coprésidé par l’Australie et l’Indonésie.

Pour la seule année 2015, l’agence des Nations unies pour les réfugiés a estimé qu’au moins 33 600 réfugiés et migrants se sont déplacés dans l’Asie du Sud-Est avec des mouvements maritimes mixtes. La crise des réfugiés s’est déclarée en Asie du Sud-Est en mai 2015 : des milliers de Birmans et de Bangladais étaient alors bloqués sur de frêles esquifs, repoussés vers la mer depuis les côtes où ils auraient trouvé la sécurité, victimes de la traite et soumis au travail forcé ou tués en mer.

Du fait de l’absence de cadre juridique adéquat en Malaisie, en Indonésie et en Thaïlande, les personnes qui réussissent à débarquer sains et saufs dans ces pays n’y trouvent qu’une protection minimale et sont souvent arrêtées et placées en détention.

« La coopération régionale est essentielle pour ces questions, et les États membres doivent renforcer leur collaboration, notamment en mettant en place des opérations efficaces de recherche et de secours et en créant des routes sûres et légales pour les réfugiés et les migrants afin d’empêcher d’autres catastrophes en mer », a déclaré Champa Patel.

Amnesty International a également souligné que la sécurité et la protection des réfugiés et des migrants ne peuvent pas être garanties tant que les circonstances qui les poussent à se déplacer de façon illégale ne changent pas.

Pour assurer une coopération régionale efficace il est nécessaire de répondre aux besoins temporaires des réfugiés et des demandeurs d’asile, de répartir les responsabilités et de trouver des solutions pour les personnes qui ont besoin d’une protection internationale.

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