Le report du procès de Nabeel Rajab pour la sixième fois tient du harcèlement

En réaction à l’annonce, lundi 23 janvier, d’un sixième report du jugement dans l’affaire concernant l’éminent défenseur des droits humains Nabeel Rajab, la directrice adjointe chargée des campagnes au sein du bureau régional d’Amnesty International à Beyrouth, Samah Hadid, a déclaré :

« Les autorités bahreïnites doivent cesser de jouer avec la liberté de Nabeel Rajab. Cet homme a été arrêté et libéré à maintes reprises au cours des cinq dernières années et a l’interdiction de quitter le pays. En reportant son procès pour la sixième fois aujourd’hui, elles le tiennent cruellement en haleine pour le punir de son militantisme pacifique. Leur refus de le libérer en décembre malgré une décision judiciaire laisse penser qu’il s’agit d’une stratégie délibérée visant à le harceler.

« Au lieu de bafouer son droit à la liberté d’expression et de le priver de sa liberté, elles devraient cesser cette campagne de harcèlement, le libérer immédiatement et sans condition et abandonner toutes les poursuites engagées contre lui. »

Un jugement devait être rendu lundi 23 janvier dans une affaire concernant des tweets publiés par Nabeel Rajab en mars 2015, dans lesquels il dénonçait des actes de torture à la prison de Jaww et critiquait les homicides de civils imputables à la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen. Cette audience a été reportée au 21 février. Nabeel Rajab est poursuivi pour « outrage aux autorités publiques », « outrage à un pays étranger » et « diffusion de fausses rumeurs en temps de guerre ». S’il est déclaré coupable, il risque jusqu’à 15 ans d’emprisonnement.

Le 28 décembre 2016, un tribunal bahreïnite a ordonné sa libération, mais les autorités ont refusé de le remettre en liberté. Il a été immédiatement réarrêté et placé en détention dans le cadre d’une autre enquête concernant des interviews télévisées qu’il a données en 2015 et 2016. Le ministère public l’avait accusé d’avoir publié et diffusé des rumeurs et de fausses informations au sujet de la situation interne du pays. Son procès pour ces faits a débuté lundi 23 janvier et a été suspendu jusqu’au 8 février.

Nabeel Rajab est en outre poursuivi à la suite d’un article publié en son nom dans le New York Times.

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