Communiqué de presse

Le Royaume-Uni doit exhorter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à lever le blocus de Gaza

Les ministres britanniques doivent demander à Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, de lever le blocus de Gaza, a déclaré Amnesty International mercredi 9 septembre alors que le dirigeant israélien effectue une visite d’État en Grande-Bretagne cette semaine.

Benjamin Netanyahou, qui doit rencontrer le Premier ministre britannique David Cameron, ainsi que d’autres politiciens et diplomates de premier plan au cours d’une visite de deux jours ayant débuté mercredi 9 septembre, a défendu le blocus imposé à la bande de Gaza depuis huit ans en affirmant qu’il empêche que des armes ne soient clandestinement introduites dans ce territoire palestinien. Cependant, ce blocus paralysant comprend des interdictions - ou des restrictions sévères - concernant l’importation et l’exportation de carburant, de nourriture, de matériaux de construction et d’autres biens essentiels pour Gaza.

«  David Cameron doit dire au Premier ministre israélien que les préoccupations d’Israël en matière de sécurité ne doivent pas être un prétexte pour sanctionner, appauvrir et humilier collectivement 1,8 million de personnes dans la bande de Gaza », a déclaré Allan Hogarth, directeur chargé des questions relatives à la stratégie politique et des affaires gouvernementales à Amnesty International Royaume-Uni.

« David Cameron doit être direct avec Benjamin Netanyahou, lui dire que les souffrances des habitants de Gaza sont inacceptables et qu’il faut immédiatement qu’elles cessent. Israël a l’obligation de mettre fin à la sanction collective infligée à la population civile de Gaza, et une levée complète du blocus est la bonne solution. »

Israël empêche en outre la vaste majorité des 1,8 million d’habitants de la bande de Gaza de se rendre en Cisjordanie occupée ou à l’étranger, y compris ceux ayant besoin de soins médicaux d’urgence. De telles restrictions constituent des sanctions collectives et Amnesty International demande la levée permanente du blocus. La semaine dernière, les Nations unies ont indiqué que la bande de Gaza pourrait devenir inhabitable d’ici cinq ans en raison du « dé-développement » résultant du blocus ainsi que des conflits militaires successifs.

Au cours du conflit ayant duré 50 jours entre Israël et la bande de Gaza l’an dernier, quelque 1 500 civils - dont plus de 500 mineurs - ont été tués à Gaza, et six civils en Israël, et les forces israéliennes ont causé une destruction et des dégâts de grande ampleur à des biens de caractère civil, notamment des logements, des entreprises et des infrastructures vitales à Gaza. Toutes les parties au conflit ont perpétré de graves atteintes au droit international humanitaire, notamment des crimes de guerre, et Amnesty International demande que justice soit rendue, que toute la lumière soit faite et que des réparations soient accordées aux victimes.

Plus tôt cette année, la Palestine a ratifié le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), malgré les efforts d’Israël pour l’en empêcher. Amnesty International souhaite voir les ministres britanniques soutenir publiquement la décision de la Palestine, tout en incitant Israël à rejoindre la Cour.

« Le Royaume-Uni est un ardent partisan de la justice internationale par le biais de la Cour pénale internationale et ce principe ne doit pas être compromis lorsqu’il s’agit d’Israël. David Cameron doit être très clair à ce propos, et dire à M. Netanyahou qu’il doit cesser de s’opposer à la CPI et veiller à ce qu’obligation de rendre des comptes et justice soient respectées par le biais de la Cour », a déclaré Allan Hogarth.

« Le Royaume-Uni doit avoir une position sans équivoque sur la politique israélienne de colonisation dans les territoires palestiniens occupés, qui constitue un crime de guerre. Le Royaume-Uni doit insister pour qu’Israël suspende immédiatement la construction et l’expansion de colonies illégales, à titre de première étape vers un retrait des civils qui y vivent. Toutes les personnes dont la responsabilité pénale serait engagée dans la politique israélienne de colonisation doivent être traduites en justice. »

Des armes britanniques en Israël

Le 12 août 2014, après avoir été soumis à des pressions considérables visant à le dissuader de continuer à exporter des armes vers Israël, le gouvernement britannique a annoncé qu’il avait identifié 12 licences d’exportations pour des armes et d’autres équipements militaires vers Israël, qu’il suspendrait si des « hostilités d’une ampleur significative » reprenaient. L’existence de ces licences traduisait un affaiblissement considérable des propres règles du Royaume-Uni, selon lesquelles il convient de ne pas fournir d’armes lorsqu’il existe un risque clair qu’elles soient utilisées pour commettre de graves violations du droit international.

Il a par la suite été annoncé qu’aucune de ces licences n’a été suspendue. Amnesty International avait alors fortement critiqué la position du Royaume-Uni, et lui demande désormais de suspendre toutes les exportations d’armes vers Israël, tant que subsistera un risque substantiel qu’Israël et les groupes armées de Gaza commettent des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire.

Des colonies illégales

Benjamin Netanyahou poursuit sa politique d’installation de civils israéliens dans les territoires palestiniens occupés, en violation du droit international. Il continue à autoriser de nouvelles constructions dans des colonies existantes, ainsi que l’expropriation de Palestiniens pour construire une nouvelle colonie sur leurs terres près de Bethléem.

Cela est illégal en vertu du Protocole additionnel 1 à la quatrième Convention de Genève, et du Statut de Rome. La présence de colonies a entraîné des violations massives des droits fondamentaux de la population palestinienne locale, notamment des restrictions à la liberté de mouvement et la destruction de logements. Le transfert illégal de Palestiniens et une destruction de biens privés qui n’est pas justifiée par une nécessité militaire constituent de graves atteintes à la quatrième Convention de Genève. Une telle violation entraîne des obligations spécifiques pour les États tiers, ainsi que des responsabilités pénales individuelles, et constitue un crime de guerre.

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