Le secrétaire général d’Amnesty International promet un soutien permanent aux victimes du système d’esclavage sexuel de l’armée japonaise

À l’occasion de la millième manifestation du mercredi, le secrétaire général d’Amnesty International promet un soutien permanent aux victimes du système d’esclavage sexuel de l’armée japonaise

Mercredi 8 janvier 1992, des Coréennes victimes du système d’esclavage sexuel de l’armée japonaise, accompagnées de personnes les soutenant, se sont rassemblées devant l’ambassade du Japon à Séoul, en Corée du Sud, pour manifester. Après avoir gardé le silence pendant plusieurs décennies, ces femmes se sont unies pour demander justice publiquement.

Depuis ce jour, elles se retrouvent tous les mercredis devant l’ambassade du Japon pour demander justice. Mercredi 14 décembre a lieu la millième manifestation de ce type, organisée chaque semaine par le Conseil coréen pour les femmes réduites en esclavage sexuel par l’armée japonaise.

Amnesty International est fière d’avoir pu assister et participer à certaines de ces manifestations.

« La détermination de ces femmes est un exemple et leur demande de justice est on ne peut plus claire. Il faut maintenant que l’État japonais présente des excuses sans équivoque et reconnaisse le préjudice que ces femmes ont subi. Il est consternant qu’elles attendent toujours justice après tout ce temps », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

De 1932 environ jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, des femmes de toute la région Asie-Pacifique ont été réduites en esclavage sexuel par l’armée impériale japonaise. Ces victimes ont tu leur calvaire pendant plus de 50 ans. Le déni de justice persistant prolonge leur humiliation et leur souffrance. Amnesty International considère qu’il s’agit là d’une grave violation de leurs droits fondamentaux.

« Ces femmes ont subi la violence la plus épouvantable il y a plus de 60 ans, mais même à un âge avancé, et jusqu’à la fin de leur vie, elles n’ont eu de cesse de demander justice. Le Japon doit honorer ses obligations envers ces femmes pleines de courage avant qu’aucune autre d’entre elles ne décède », a ajouté Salil Shetty.

Le 30 août 2011, la Cour constitutionnelle coréenne a statué, par 6 voix contre 3, qu’il était anticonstitutionnel que le gouvernement de la Corée du Sud ne fasse aucun effort tangible pour régler les différends avec l’État japonais à propos de son refus d’indemniser les Coréennes réduites en esclavage sexuel pendant la colonisation de la péninsule coréenne par le Japon, de 1910 à 1945. Cette juridiction a souligné que le gouvernement avait violé les droits fondamentaux des anciennes « femmes de réconfort » par son inaction. Jusqu’à présent, le gouvernement japonais a refusé de rencontrer celui de la Corée du Sud pour discuter de cette question.

Amnesty International engage le gouvernement de la Corée du Sud à continuer d’insister sur cette question auprès des autorités japonaises et, si celles-ci refusent toujours de le rencontrer pour en discuter, à soulever cette question au sein d’instances internationales.

L’organisation demande en outre que les mesures suivantes soient prises :

• La Diète (Parlement japonais) doit présenter des excuses complètes et sans réserve aux victimes, et notamment admettre la responsabilité légale de ces crimes, convenir qu’ils constituent des crimes relevant du droit international et reconnaître le tort causé à ces femmes, sous une forme acceptable pour la majorité d’entre elles.

• Le gouvernement et la Diète doivent réviser la législation nationale en vue de supprimer les points qui empêchent l’obtention de réparations complètes devant les juridictions du Japon et veiller à ce que les manuels d’enseignement du pays rendent compte de manière exacte du système d’esclavage sexuel.

• Le gouvernement japonais doit mettre en œuvre sans délai des mécanismes administratifs efficaces afin d’accorder pleinement réparation à toutes les victimes d’esclavage sexuel.

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