Communiqué de presse

Le Sénégal ne doit pas restreindre la liberté d’expression et de réunion à la veille de l’élection présidentielle

Le Sénégal doit respecter la liberté d’expression et de réunion, a affirmé aujourd’hui Amnesty International alors qu’une interdiction de manifester prend effet aujourd’hui à la veille de l’élection présidentielle.

Les autorités ont interdit les manifestations entre le 26 au 30 janvier et cette interdiction débute la veille du jour où le Conseil constitutionnel va prendre une décision capitale en se prononçant sur la validité des candidatures à l’élection présidentielle.

L’opposition conteste le droit du président sortant Abdoulaye Wade à briguer un troisième mandat.

L’élection présidentielle est prévue pour le 26 février prochain.

« Rien ne semble justifier une telle interdiction qui porte atteinte à la liberté de manifester pacifiquement pourtant consacrée par la Constitution sénégalaise », a dit Salvatore Saguès, chercheur d’Amnesty International sur l’Afrique de l’ouest.

« Dans ce contexte pré-électoral tendu où le débat politique doit pouvoir s’exprimer librement, la décision des autorités d’interdire tout rassemblement sur la voie publique est particulièrement inquiétante ».

La constitutionnalité de la candidature du Président Wade à un troisième mandat a soulevé d’intenses débats juridiques et politiques au Sénégal.

Ces débats ont débouché sur des affrontements graves entre manifestants et forces de sécurité qui ont entraîné au moins un mort et des dizaines de blessés.

« Le Sénégal est à la croisée des chemins et le risque de déstabilisation est très grand. Il est essentiel pour l’avenir du pays que l’élection de février se déroule sans violations des droits humains », a dit Salvatore Saguès.

Dans un bref rapport publié aujourd’hui, Amnesty International présente une vue d’ensemble de la situation des droits humains au Sénégal à la veille de l’élection présidentielle.

Ce rapport présente le triste bilan de ce pays en matière de respect des droits humains y compris des attaques contre la liberté d’expression, le recours persistant à la torture par les forces de sécurité et l’impunité dont bénéficient les auteurs de violations.

En 2011, des journalistes et des opposants politiques ont été l’objet de harcèlements et de procédures judiciaires pour avoir simplement exprimé leurs opinions politiques. Plusieurs manifestations ont été violemment réprimées.

Amnesty International fait état d’informations concordantes établissant plusieurs cas de torture en détention en 2011.

Ainsi, par exemple, le 29 mars, le corps menotté de Aladji Konaté a été trouvé sur les rives du fleuve Sénégal. Il avait été arrêté plusieurs jours auparavant parce qu’il était soupçonné de trafic de stupéfiants.

La police a affirmé qu’il s’était jeté dans le fleuve pour tenter de s’échapper mais des photos de son corps prises par la presse sénégalaise montrent des traces indiquant qu’il avait été torturé.

Le corps de Aladji Konaté a été inhumé sans qu’une autopsie ne soit pratiquée pour déterminer les circonstances exactes de sa mort.

Aucune enquête n’a été ouverte en dépit de requêtes faites par des organisations locales des droits humains et par le proches de Aladji Konaté.

Le rapport d’Amnesty International décrit également la détérioration de la situation en Casamance – une région au sud du pays qui est ravagée par un conflit depuis trente ans. Veuillez trouver ci-dessous le rapport du Sénégal

Fin 2011 et début 2012, les tensions se sont exacerbées entre les forces armées sénégalaises et le groupe armé qui demande l’indépendance de cette région.

« Une fois l’échéance électorale passée, il incombera aux nouvelles autorités sénégalaises, issues du scrutin, de lutter sans délai contre la persistance de l’impunité dont jouissent depuis si longtemps les forces de sécurité au Sénégal », a dit Salvatore Saguès.

« Les auteurs des violations de droits humains doivent être traduits en justice et la crédibilité du système judiciaire et de l’état de droit doit être préservée ».

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