Les droits des enfants indigènes sont réprimés de façon disproportionnée par rapport au reste de la population

Les autorités de l’État du Queensland, en Australie, doivent adopter des réformes essentielles pour protéger les droits des enfants indigènes, qui sont réprimés par le système judiciaire de façon totalement disproportionnée par rapport au reste de la population, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 31 août.

Ce rapport, intitulé Heads Held High : Keeping Queensland kids out of detention, strong in culture and community a été lancé au Parlement à Brisbane, le 31 août.

« Les autorités du Queensland ont reconnu que des réformes étaient nécessaires, mais il reste encore beaucoup à faire. En particulier, un changement de tendance allant dans le sens d’un soutien apporté aux initiatives menées par des indigènes pourrait fortement contribuer à empêcher qu’une nouvelle génération d’enfants indigènes ne se retrouve derrière les barreaux  », a déclaré Champa Patel, directrice pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.

L’État du Queensland, dans l’est de l’Australie, continue d’enfermer des mineurs de 10 et 11 ans, et de placer des enfants en détention provisoire, ce qui est contraire au droit international et aux normes internationales. La majorité des enfants en détention sont issus des communautés autochtones du continent et des îles du détroit de Torrès, en raison d’une discrimination de longue date que les autorités n’ont pas combattue.

« Les enfants indigènes sont depuis des décennies pris au piège d’un système pénal qui enfreint souvent les principes de la justice pour mineurs et néglige systématiquement l’intérêt supérieur de l’enfant, a déclaré Champa Patel.

« Les autorités du Queensland ont certes pris des mesures encourageantes, mais notre rapport publié le 31 août montre très clairement qu’il reste encore énormément à faire. »

Les recherches menées par Amnesty International montrent qu’en apportant leur soutien à des initiatives portées par la communauté indigène, les autorités du Queensland pourraient instaurer un système judiciaire respectant les obligations incombant à l’Australie au titre du droit international, notamment celles découlant de la Convention relative aux droits de l’enfant.

Pour l’heure, seule une des 16 organisations subventionnées par le gouvernement du Queensland qui travaillent avec des enfants en conflit avec la loi, est une organisation dirigée par des membres de la communauté indigène. Les statistiques montrent que dans l’État du Queensland, les enfants indigènes sont surreprésentés dans le système pénal, et sont 22 fois plus susceptibles d’être incarcérés que des enfants non indigènes.

En ce qui concerne les filles, les chiffres sont encore plus inquiétants, car ils montrent que les mineures indigènes risquent 33 fois plus d’avoir affaire au système de justice pour mineurs que les mineures non indigènes.

Le Queensland est également l’État australien qui présente le plus fort taux de détention provisoire de mineurs ; chaque jour en moyenne, 83 % des mineurs incarcérés sont en détention provisoire sans caution, soit avant à la procédure judiciaire soit avant le prononcé du jugement. Les deux tiers de ces mineurs sont des enfants indigènes.

Aux termes des normes et du droit internationaux, les enfants en détention provisoire doivent être relâchés dès que possible, et les enfants ne doivent être placés en détention qu’en tout dernier recours et pour une période aussi brève que possible.

Par ailleurs, le Queensland est le seul État australien qui continue de juger des mineurs de 17 ans en tant qu’adultes, et de les détenir dans des prisons pour adultes avec des conditions de détention éprouvantes.

«  Notre rapport présente un résumé des différentes initiatives d’organisations de la société civile australienne, y compris d’organisations dirigées par des indigènes, qui travaillent sur ces questions. Leur action offre aux autorités du Queensland la possibilité de rompre avec un passé marqué par une discrimination à l’égard des communautés indigènes. Les autorités ont à présent l’occasion de participer à une solution offrant un meilleur avenir aux enfants », a déclaré Champa Patel.

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