Les forces du colonel Kadhafi lancent des attaques aveugles contre Misratah

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

8 mai 2011

Index AI : PRE01/242/2011

Amnesty International a confirmé dimanche 8 mai les allégations selon lesquelles des mines antichars ont été utilisées dans le port de Misratah par les forces loyales au colonel Kadhafi, tandis que les attaques menées sans discrimination contre cette ville libyenne se poursuivent.

Lors de la dernière offensive en date aux alentours du port, plusieurs réservoirs de carburant ont pris feu, ce qui prive la ville du combustible indispensable aux générateurs fournissant de l’électricité aux hôpitaux et à d’autres infrastructures essentielles.

« Le recours à des mines antichars contre le port de Misratah prouve une nouvelle fois la détermination du régime libyen à couper encore plus les habitants de cette ville du monde extérieur et de les priver de l’aide humanitaire dont ils ont désespérément besoin », a déclaré Donatella Rovera, conseillère spéciale d’Amnesty International.

D’après des informations qu’Amnesty International est en mesure de confirmer, ces mines sont dispersées par des roquettes de 122 mm de fabrication chinoise, qui explosent en vol, déployant chacune huit mines antichars (type 84 modèle A) sur une vaste surface.

Chaque mine est équipée d’un parachute censé activer l’armement du dispositif et contrôler sa descente jusqu’au sol. Les roquettes, qui ont une portée de plusieurs kilomètres, sont tirées par des lance-roquettes multiples, qui contiennent 24 roquettes.

« Ce type d’offensive est une menace constante pour les civils. Ces roquettes ne peuvent pas être orientées vers des cibles spécifiques, et leur charge de mines est dispersée sur une surface étendue. Les mines elles-mêmes ne peuvent pas faire de distinction entre véhicules civils et militaires », a ajouté Donatella Rovera.

C’est la deuxième fois en l’espace d’une semaine que les forces loyales au colonel Kadhafi utilisent des mines pour attaquer le port de Misratah. Le 29 avril, elles ont déposé des mines marines à une distance comprise entre deux et trois kilomètres des côtes, puis aux abords de Misratah. Pendant ce temps, elles ont continué à envoyer des roquettes et d’autres projectiles dans le port et aux alentours depuis leurs positions autour de la ville.

« Le fait de prendre systématiquement pour cible l’unique point de passage pour l’acheminement à Misratah de l’aide humanitaire et pour l’évacuation de patients gravement malades ou blessés a tout d’une sanction contre l’ensemble de la population de cette ville », a déclaré Donatella Rovera.

« Les responsables du régime libyen, à tous les niveaux de la chaîne de commandement, doivent prendre conscience que ceux qui se rendent coupables de ces attaques aveugles et châtiments collectifs pourront un jour avoir à répondre d’accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. »

« Ils doivent immédiatement mettre un terme à ces attaques menées sans discrimination et aux sanctions collectives, et permettre aux civils de recevoir l’aide humanitaire requise. »

La protection que la communauté internationale s’est engagée à accorder à la population civile de Libye inclut une protection contre les sanctions collectives.

La communauté internationale doit redoubler d’efforts pour mettre fin à ce barrage de roquettes et au pilonnage de Misratah, mais aussi assurer un passage sécurisé vers et au départ de la ville pour les personnes et l’aide humanitaire.

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