Les Nations unies doivent accorder la priorité aux droits humains au Moyen-Orient

15 mars 2011


Salil Shetty
, secrétaire général d’Amnesty International, exhorte les Nations unies à accorder la priorité aux droits humains en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, alors que les manifestations appelant à des réformes se poursuivent.

Lors d’une rencontre avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon à New York lundi 14 mars, Salil Shetty a exhorté l’ONU à faire davantage pour lutter contre les violations des droits humains en Libye et à tout mettre en œuvre pour que les droits fondamentaux soient placés au cœur de la réforme politique en Égypte et en Tunisie.

Le secrétaire général de l’ONU se rendra dans ces deux pays en fin de semaine, tandis que son envoyé spécial Abdul Ilah Khatib se trouve déjà en Libye.

Au cours de leur entretien, Salil Shetty a demandé à Ban Ki-Moon de signifier clairement aux autorités libyennes, et plus particulièrement au colonel Mouammar Kadhafi, qu’aucune atteinte aux droits humains ne serait tolérée.

« Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin que les Nations unies s’emploient à placer les droits fondamentaux au cœur des réformes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, a déclaré Salil Shetty.

« L’ONU doit saisir l’occasion de se rapprocher des mouvements de jeunes et des organisations de la société civile qui ont tant fait pour promouvoir les droits humains et la réforme politique dans la région. »

Amnesty International salue les propositions de changement en Égypte, mais reste préoccupée par le fait que des organisations populaires, notamment des groupes de femmes, sont exclues du processus de réforme.

Les informations faisant état de violences contre les manifestants et les procès de civils devant des tribunaux militaires sont toujours d’actualité.

En Tunisie, Amnesty International s’inquiète de constater que les initiatives visant à étendre les droits politiques se heurtent à la violence dont les manifestants continuent d’être la cible et omettent de préciser comment la discrimination qui touche les femmes et les fillettes sera éliminée.

Ban Ki-Moon a assuré Salil Shetty que l’ONU faisait tout ce qui était en son pouvoir pour remédier aux problèmes relatifs aux droits humains en général, tout en admettant que certaines attentes n’étaient pas encore satisfaites, notamment dans le domaine de la prévention des violations des droits humains et de l’impunité dont jouissent leurs auteurs.

Par ailleurs, Salil Shetty a soulevé d’autres questions relatives aux droits fondamentaux lors de cette rencontre à New York.

Il a souligné l’importance du rôle joué par l’ONU durant la crise en Côte d’Ivoire, en termes d’opérations impartiales de maintien de la paix et de surveillance de la situation des droits humains, dans un contexte marqué par une crise humanitaire croissante et des atteintes aux droits humains commises par les partisans de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara.

Il a demandé à Ban Ki-Moon de rendre public le rapport qui lui sera bientôt remis par le groupe d’experts des Nations unies sur le Sri Lanka et de mettre sur pied une commission internationale d’enquête sur les atteintes aux droits humains imputables au gouvernement de ce pays.

Salil Shetty a exhorté le secrétaire général de l’ONU à inscrire les droits fondamentaux au cœur de la Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l’enfant, et de faire de ces droits une composante du mandat de l’ONU au Sahara occidental.

Il a réitéré son ferme soutien à l’application de la justice internationale et exhorté Ban Ki-Moon à résister aux ingérences politiques dans le travail de la Cour pénale internationale, comme ce fut le cas pour les violences post-électorales au Kenya ou le mandat d’arrêt émis contre le président soudanais Omar el Béchir.

De son côté, Ban Ki-Moon a rendu hommage à Amnesty International pour son travail convergent avec celui de l’ONU sur nombre d’objectifs et félicité l’organisation qui fête son 50e anniversaire cette année.

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