LIBAN - Assassinat de Samir Kassir : une enquête indépendante est nécessaire, la liberté d’expression doit être respectée

Index AI : MDE 18/006/2005

DÉCLARATION PUBLIQUE

Amnesty International demande aux autorités libanaises d’ouvrir immédiatement une enquête indépendante et impartiale sur l’assassinat du journaliste Samir Kassir, tué ce jeudi 2 juin dans l’explosion de sa voiture devant son domicile à Achrafieh, dans la partie est de Beyrouth. Une autre personne a été blessée. Samir Kassir, quarante-cinq ans, professeur à l’université Saint-Joseph et éditorialiste de renom du journal An Nahar, était connu pour ses positions critiques tant vis-à-vis des autorités libanaises que des activités de la Syrie au Liban. L’organisation demande instamment à tous les groupes politiques de respecter la liberté d’expression dans le pays et de s’abstenir de tout acte de violence contre des civils.

En octobre 1997, Samir Kassir avait accepté de faire partie d’une table ronde à Beyrouth à l’occasion de la publication du premier rapport d’Amnesty International sur le Liban, signe de courage à un moment où tout le monde se montrait particulièrement prudent lorsqu’il s’agissait de s’afficher avec l’organisation ou de critiquer les atteintes aux droits humains perpétrées au Liban. Depuis cette date, Samir Kassir avait toujours soutenu Amnesty International et son action dans la région ; en 2000, il avait apporté son concours à une session de formation pour jeunes journalistes sur le thème : engagement en matière de droits humains et médias. En 2000 et 2001, Samir Kassir avait fait l’objet de harcèlement de la part de la police libanaise et son passeport lui avait été confisqué pendant un temps en raison de ses articles critiques, publiés par An Nahar.

L’explosion qui a tué Samir Kassir est au moins la sixième à s’être produite depuis l’attentat à la bombe qui a tué le Premier ministre Rafic Hariri et plus de vingt autres personnes le 14 février dernier.

Amnesty International exprime sa tristesse face à la mort de Samir Kassir et adresse ses condoléances à sa famille et à ses collègues.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service Presse d’Amnesty International, au 02 543 79 04, ou consulter les sites http://www.amnesty.be et http://www.amnesty.org.

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