Liban. Inquiétudes autour des combats opposant l’armée et le groupe Fatah al Islam

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

MDE 18/003/2007

Amnesty International est très préoccupée par la mort de civils lors des affrontements qui ont opposé des combattants lourdement armés du Fatah al Islam à l’armée libanaise dans le camp de Nahr al Bared. Amnesty International s’inquiète notamment de l’usage, par l’armée, de l’artillerie et d’armes lourdes, notamment de chars, contre des zones densément peuplées. Quelles que soient les armes utilisées et les tactiques adoptées, y compris au cours de tentatives visant à prendre le contrôle du camp par la force, l’armée libanaise doit faire usage d’une force proportionnée et prendre les précautions nécessaires à tout moment pour protéger et assurer la sécurité des civils.

Le groupe Fatah al Islam a l’obligation de veiller à ce que des civils ne soient pas inutilement exposés aux combats et soient autorisés à quitter le camp s’ils le souhaitent. Les civils souhaitant partir doivent être évacués et leur liberté de circulation doit être facilitée et protégée.

Les organisations humanitaires telles que la Croix-Rouge et les Nations unies doivent obtenir un accès immédiat et sans restriction à l’intérieur du camp où les civils sont confrontés à des problèmes croissants en raison des coupures d’eau et d’électricité.

Les pays exerçant une influence sur le gouvernement libanais doivent veiller à ce qu’aucune arme livrée à l’armée libanaise ne contribue à commettre des violations des droits humains.

La crainte bien réelle existe que les affrontements ne s’étendent à d’autres camps de réfugiés palestiniens ou ne dégénèrent en violence politique dans tout le Liban, faisant redouter un retour aux violences intercommunautaires qui ont marqué les années 70 et 80. Quelle que soit la cause des récents évènements, ils mettent en lumière le manque durable de détermination internationale à apporter une solution au conflit israélo-palestinien, cause permanente de crainte et de polarisation à travers le monde, comme le montre le rapport 2007 d’Amnesty International rendu public ce mercredi 23 mai.

« Il a fallu quatre semaines au Conseil de sécurité des Nations unies pour appeler à un cessez-le-feu au Liban lors du conflit de 2006 – les Nations unies doivent agir de façon plus urgente cette fois, a déclaré la secrétaire générale de l’organisation, Irene Khan. Ce dont on a besoin de toute urgence pour régler la situation au Liban et au Moyen Orient de manière plus générale, c’est d’un engagement durable, reposant sur un certain nombre de principes, de la part des Nations unies et des dirigeants mondiaux. »


Complément d’information

Au moins 70 personnes ont été tuées jusqu’à présent au cours des quatre jours de combats qui ont opposé les membres du groupe islamique extrémiste Fatah al Islam à l’armée libanaise. Les affrontements ont démarré à Tripoli, dans le nord du Liban, avant de s’étendre au camp de Nahr al Bared qui abrite environ 30 000 réfugiés palestiniens. Des informations font état de l’usage d’armes lourdes, notamment de chars, par l’armée. Parmi les victimes, il y aurait au moins 13 civils – les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés – ainsi qu’une trentaine de soldats de l’armée libanaise et 25 combattants. Des milliers de réfugiés ont pu quitter le camp dans la nuit du 22 au 23 mai au cours d’une trêve dans les combats, beaucoup continuent de quitter les lieux.

Toutes les infos

Infos liées

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse