LIBÉRIA:Les pourparlers de paix au Ghana doivent trouver une solution urgente pour protéger les civils

Index AI : AFR 34/011/2003

Mardi 10 juin 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International appelle tous les participants aux négociations sur le
Libéria à donner la priorité maximale à la protection des centaines de
milliers de civils pris dans les combats qui se déroulent actuellement à
Monrovia, capitale du Libéria.

Au cours de ces derniers jours - tandis que des représentants de la
communauté internationale se rencontraient à Akosombo, au Ghana, pour
trouver une solution au conflit armé interne au Libéria -, les combats entre
l’opposition armée des Libériens unis pour la réconciliation et la
démocratie (LURD) et les forces gouvernementales ont atteint les rues de
Monrovia.

« Des centaines de milliers de gens, dont beaucoup ont convergé vers
Monrovia pour échapper aux combats, au fur et à mesure de l’avance des
forces du LURD, risquent maintenant de graves atteintes aux droits humains
en même temps qu’ils se trouvent confrontés à une situation humanitaire
catastrophique, a déclaré Amnesty International.

« Nombre d’entre eux sont déjà des personnes déplacées ; ils ont été forcés
de quitter les camps dans lesquels ils se trouvaient dans la banlieue de
Monrovia. La récente intensification des combats empêche pratiquement toute
assistance humanitaire à la population du Libéria dans son ensemble. »

Des ressortissants étrangers, parmi lesquels des membres d’agences
humanitaires, sont en cours d’évacuation de la capitale.

« La communauté internationale et les représentants des différentes parties
au conflit, actuellement réunis à Akosombo, doivent de toute urgence trouver
une solution à la crise à laquelle se trouve confrontée la population civile
du Libéria », a déclaré Amnesty International ce mardi 10 juin 2003.

Bien qu’il soit difficile d’obtenir des informations précises et
concordantes de Monrovia, il est clair que la population civile est toujours
sous la menace de graves atteintes aux droits humains de la part des groupes
de l’opposition armée et du gouvernement, comme cela se produit depuis le
début du conflit, en 1999. De très nombreuses personnes ont été tuées
délibérément ou prises dans des tirs croisés ; certaines ont aussi été
détenues de façon arbitraire et torturées. Des femmes et des jeunes filles
ont été violées et de nombreux jeunes hommes et jeunes garçons, dont
beaucoup étaient mineurs, ont été recrutés de force comme combattants.

« Il faut engager les représentants des prties au conflit, parmi lesquels
le gouvernement du Libéria, le LURD et le Mouvement pour la démocratie au
Libéria (MODEL), groupe d’opposition armé séparé, actuellement à Akosombo, à
donner des instructions immédiates et sans équivoque à leurs combattants
pour que ceux-ci respectent strictement les droits humains et le droit
humanitaire international, a déclaré Amnesty International.

« Pour la communauté internationale, c’est l’occasion d’un face à face avec
les dirigeants de toutes les parties au conflit et la possibilité d’exercer
une influence directe sur eux. »

Si des efforts doivent être faits pour chercher une solution durable à plus
long terme au conflit du Libéria, des mesures immédiates pour protéger la
population civile doivent être prises par les instances à l’origine des
pourparlers - la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest
(ECOWAS) et le Groupe international de contact sur le Libéria qui comprend
des représentants des Nations unies, de l’Union africaine et de l’Union
européenne.

Un message clair doit également être envoyé à l’intention de ceux qui se
rendent responsables d’atteintes aux droits humains pour leur dire qu’ils
auront à rendre compte de leurs actes. Le secrétaire général des Nations
unis s’est fait l’écho de cette position hier dans son appel en faveur de la
protection de la population civile, en rappelant à ceux qui perpétuent des
atteintes aux droits humains et violent le droit humanitaire international
qu’ils auront à rendre compte de leurs actes.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a également appelé hier toutes les
parties au conflit à prendre toutes les mesures nécessaires afin d’éviter
que des civils ne soient pris pour cible ; il leur a demandé également de
fournir aux agences humanitaires une garantie de libre accès aux groupes les
plus vulnérables. Des médiateurs régionaux de haut niveau ont quitté le
Ghana pour la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria afin d’essayer de faire
pression pour un cessez-le-feu.

Des armes, des munitions et des équipements militaires continuent d’arriver
au Libéria en dépit des sanctions des Nations unies, reconduites le 6 mai
dernier, visant le gouvernement libérien et les groupes d’opposition armés
au Libéria.

« Les soutiens militaires continus apportés aux combattants du Libéria
contribuent à ce que de graves atteintes aux droits humains se perpétuent
contre des civils », a déclaré Amnesty International.

« Tous les pays, y compris la Guinée et la Côte d’Ivoire, voisines du
Libéria, doivent prendre toutes les mesures possibles pour appliquer les
sanctions des Nations unies et empêcher que des armes, des munitions et
toute autre forme d’assistance militaire n’arrivent au Libéria », a conclu
Amnesty International.

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