Libye. L’expulsion massive de migrants en situation irrégulière constituerait une violation des droits humains

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

La décision prise cette semaine par la Libye de procéder à l’expulsion, avec effet immédiat, de tous les migrants en situation irrégulière pourrait avoir de graves conséquences, a déclaré Amnesty International. Les expulsions collectives sont intrinsèquement arbitraires, et l’application d’une telle mesure signifierait que les personnes cherchant à se protéger de persécutions seraient renvoyées vers des lieux où elles risquent d’être torturées ou victimes d’autres violations graves des droits humains.

La Libye est tenue aux termes du droit international relatif aux droits humains de n’envoyer personne dans un pays où cette personne risque de graves violations de ses droits fondamentaux. Les expulsions collectives sont également interdites aux termes du droit international relatif aux droits humains.

« Nous appelons les autorités libyennes à ne pas mettre en œuvre ce qui apparaît comme une décision hâtive susceptible de violer les droits de centaines de milliers de personnes, dont des femmes et des enfants », a déclaré Philip Luther, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

La Lybie a expulsé régulièrement des réfugiés et demandeurs d’asile au cours des dernières années et elle procède couramment à des expulsions collectives de migrants : ces sujets de préoccupation ont été évoqués par le Comité des droits de l’homme des Nations unies en octobre 2007.

« Les autorités libyennes doivent s’abstenir de procéder à des renvois arbitraires et veiller à ce qu’aucune personne habilitée à bénéficier d’une protection internationale ne soit expulsée », a ajouté Philip Luther.
Au cours des dernières années, le gouvernement a arrêté et renvoyé de force des dizaines de milliers d’étrangers soupçonnés d’être entrés illégalement dans le pays, sans se soucier de leur besoin éventuel de protection. Une grande partie de ces personnes sont des travailleurs migrants, mais les autorités ne semblent faire aucun effort pour distinguer entre migrants, réfugiés et demandeurs d’asile. Au cours des dernières années, la situation des Érythréens, dont certains ont fui l’Érythrée par crainte d’être persécutés en raison de leurs convictions politiques, a plus particulièrement suscité de vives inquiétudes.

Amnesty International est également préoccupée par la manière dont sont traitées les personnes susceptibles d’être expulsées en application de la décision de ces derniers jours. Il a été allégué à maintes reprises que des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés avaient été torturés ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements après avoir été arrêtés, en particulier dans les centres de détention.

«  Nous exhortons la Libye à veiller à ce que tous les migrants, demandeurs d’asile et réfugiés arrêtés dans le pays soient traités avec humanité et protégés contre les actes de torture et les mauvais traitements, a conclu Philip Luther. Il faut que ces personnes reçoivent les soins médicaux dont elles ont besoin et qu’elles soient autorisées à remettre en question la légalité de leur détention. »

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