Ligue des États arabes et Soudan. L’aide humanitaire doit être dissociée du mandat d’arrêt lancé contre le président el Béchir

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

À la veille du sommet de la Ligue des États arabes au Qatar, Amnesty International appelle les États membres à appliquer le mandat d’arrêt décerné contre le président soudanais Omar el Béchir, attendu au Qatar dimanche 29 mars. Amnesty International a également exhorté la Ligue arabe à demander au gouvernement soudanais qu’il autorise un accès immédiat du Darfour aux organisations humanitaires.

« Personne, pas même un chef d’État, ne devrait se voir accorder l’immunité pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International. Il ne doit pas y avoir de nouvelles tentatives pour retarder la justice dans le dossier du président el Béchir. »

Le président el Béchir s’est rendu dans plusieurs pays au cours de ces deux dernières semaines, notamment en Égypte et en Libye, où il a été reçu par les dirigeants au plus haut niveau en dépit du mandat d’arrêt lancé contre lui par la Cour pénale internationale (CPI).

La Ligue arabe a déclaré le 4 mars, en réponse au mandat d’arrêt de la CPI, que le président el Béchir était considéré comme bénéficiant de l’immunité contre toutes poursuites en raison de son statut de chef d’État. Cette affirmation est contraire au droit international.

Dans une tentative d’obstruction de la justice internationale, l’Union africaine et la Ligue arabe ont demandé au Conseil de sécurité des Nations unies d’invoquer l’article 16 du Statut de Rome, ce qui exigerait du procureur qu’il suspende l’affaire pour un an.

« Le fait que la Ligue arabe ait été au premier rang de ceux qui en appelaient à la justice internationale au moment du récent conflit à Gaza rend d’autant plus incompréhensible le fait qu’elle aide à présent activement le président el Béchir dans ses efforts pour échapper à la justice, a déclaré Irene Khan. La Ligue arabe doit appliquer aux crimes commis au Soudan les mêmes normes que celles qu’elle réclame pour les crimes de guerre et autres violations graves du droit international commis au cours du récent conflit à Gaza. Il ne peut y avoir deux poids deux mesures. »

Selon Amnesty International, le gouvernement américain et les États de l’Union européenne ont également appliqué une double échelle de valeurs en soutenant activement le mandat d’arrêt décerné par la CPI contre le président el Béchir tout en empêchant jusqu’à présent l’ouverture d’une enquête globale des Nations unies sur les crimes de guerre et autres violations commises à Gaza et dans le sud d’Israël.

Amnesty International a demandé instamment au gouvernement soudanais d’autoriser un accès sans entrave aux organisations humanitaires après l’expulsion de 13 organisations humanitaires internationales et la fermeture de nombreuses autres, en réaction au mandat d’arrêt décerné par la CPI. Cette mesure laisse plus de 2,4 millions de personnes exposées à la famine et à d’autres graves maladies tant que l’assistance humanitaire n’aura pas repris.

« La population soudanaise ne doit pas être prise en otage par son propre gouvernement qui doit garantir l’aide humanitaire et la capacité des organisations humanitaires à opérer dans la région, quelle que soit l’opposition du gouvernement à la décision de la CPI », a déclaré Irene Khan.

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