Malawi : les manifestations massives qui se préparent risquent fort d’être violemment réprimées

Les autorités du Malawi doivent respecter les droits des citoyens qui participent à des manifestations pacifiques, a déclaré Amnesty International mardi 19 juillet, à la veille des manifestations massives prévues dans tout le pays le 20 juillet.

Ces rassemblements, organisés pour protester contre divers problèmes, tels que la pénurie de carburant et les lois répressives récemment adoptées par le Parlement, doivent avoir lieu à Zomba, Blantyre, Lilongwe et Mzuzu, les principales villes du Malawi.

« Le gouvernement du président Bingu wa Mutharika doit autoriser les manifestations pacifiques à se dérouler comme prévu, sans imposer des restrictions injustifiées aux droits humains des Malawiens que garantit le droit international, a indiqué Michelle Kagari, directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International.

« Au regard de l’intolérance croissante face aux voix dissidentes dont fait preuve le gouvernement du Malawi depuis quelques temps, nous redoutons vivement que ces manifestations pacifiques ne soient violemment dispersées.

Les policiers doivent respecter le droit à la liberté de réunion pacifique et maintenir l’ordre dans le droit fil des principes internationaux. Si les manifestations deviennent violentes, ils ne doivent utiliser que la force minimale nécessaire pour la juguler. »

Les manifestations rassembleront un large éventail de militants de la société civile, notamment des étudiants, des organisations de défense des droits humains et des organisations religieuses.

Au cours des deux dernières semaines, les organisateurs ont à maintes reprises tenté d’informer les autorités de leur projet, mais n’ont encore reçu aucune réponse.

Amnesty International craint que certains militants des droits humains prenant part à l’organisation des manifestations ne soient arrêtés.

En mars, Undule Mwakasungula, directeur du Centre pour les droits de l’homme et la réhabilitation (CHRR), a été contraint de se cacher après que des hommes non identifiés furent entrés par effraction dans les locaux du centre.

Ces hommes ont demandé à un gardien de la sécurité de les conduire jusqu’au domicile d’Undule Mwakasungula. Comme il ne connaissait pas l’adresse du militant, le gardien a alors été emmené à bord d’un véhicule et roué de coups.

Undule Mwakasungula a également reçu des menaces de mort par téléphone.

« Le harcèlement persistant des militants de la société civile par les représentants du gouvernement instaure un climat de peur au Malawi », a expliqué Michelle Kagari.

Un autre militant malawien des droits humains qui craint pour sa sécurité et préfère garder l’anonymat a décrit en ces termes la dégradation de la situation au mois d’avril :

« Le Malawi n’est plus un lieu où les défenseurs des droits humains peuvent promouvoir et protéger ces droits. Les libertés d’expression et les autres modes d’expression sont étouffés. Vous ne pouvez pas manifester, vous ne pouvez pas vous exprimer librement. Le Malawi est en train de devenir un État policier. Où allons-nous ? »

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