Malawi. Un couple est condamné à une peine de 14 ans de travaux forcés pour « outrage aux bonnes mœurs »

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI -
20 mai 2010

La condamnation à 14 années de travaux forcés prononcée contre un couple de Malawiens déclarés coupables d’« outrage aux bonnes mœurs » et d’« actes contre nature » est un scandale, a déclaré Amnesty International ce jeudi 20 mai 2010.

Steven Monjeza et Tiwonge Chimbalanga ont été appréhendés par la police le 28 décembre 2009 à Blantyre, deux jours après leur cérémonie de fiançailles organisée dans la communauté urbaine de Chirimba, dans le sud de la ville.

« Cette sentence adresse un message fort et inacceptable selon lequel le système judiciaire du Malawi apporte une caution légale à la discrimination, a déploré Michelle Kagari, directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International. Steven Monjeza et Tiwonge Chimbalanga n’auraient jamais dû être arrêtés ni poursuivis. C’est tout simplement scandaleux qu’ils aient été condamnés à une peine de 14 années de travaux forcés. »

Les accusés auraient subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements. Ils ont rapporté à leurs avocats qu’ils avaient été battus par les policiers durant leur détention.


« Nous allons continuer à faire campagne sur cette affaire et travaillerons sans relâche afin qu’ils soient libérés sans condition dès que possible »
, a poursuivi Michelle Kagari.

Amnesty International a adopté Steven Monjeza et Tiwonge Chimbalanga en tant que prisonniers d’opinion et a demandé à plusieurs reprises leur libération immédiate et inconditionnelle.

Le fait de poursuivre en justice des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre réelle ou présumée est prohibé par les traités que le Malawi a ratifiés, en particulier par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PICDP), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la Constitution du Malawi. En vertu de ces traités, le Malawi est légalement tenu de respecter et de protéger le droit de vivre libre de toute discrimination, les droits à la liberté de conscience et d’expression, ainsi que le droit à la vie privée – des droits humains que le Malawi a bafoués en prononçant ce jugement.

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