Communiqué de presse

Maldives. Non à la reprise des exécutions

Les Maldives doivent immédiatement revenir sur leur intention de reprendre les exécutions pour la première fois depuis 60 ans, a déclaré Amnesty International.

Umar Naseer, ministre de l’Intérieur, a ordonné jeudi 23 janvier aux prisons du pays de prendre « toutes les dispositions requises » pour l’exécution de l’ensemble des condamnations à mort par injection létale.

« Toute décision portant sur la reprise des exécutions aux Maldives constituerait une régression et un grave revers pour les tenants de la défense des droits humains dans le pays », a déclaré Abbas Faiz, spécialiste des Maldives à Amnesty International.

« Mettre quelqu’un à mort de façon " humaine ", cela n’existe pas, et il n’y a aucune preuve que la menace de l’exécution ait un effet dissuasif sur la délinquance. Les Maldives doivent immédiatement renoncer à ce projet, et abolir plutôt la peine de mort en droit une bonne fois pour toutes. »

Si les Maldives maintiennent la peine de mort dans leur législation, elles n’ont procédé à aucune exécution depuis 1954. Dix-neuf détenus attendent actuellement dans le couloir de la mort.

En 2006, les Maldives sont devenues partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, un important traité international qui fait de l’abolition de la peine de mort un objectif à atteindre pour les États maintenant ce châtiment. La reprise des exécutions va clairement à l’encontre de cela.

« La décision du gouvernement est surprenante et extrêmement décevante. La peine de mort viole le droit à la vie, quelles que soient les circonstances du crime commis ou la méthode d’exécution utilisée », a déclaré Abbas Faiz.

Complément d’information

Bien que le ministre de l’Intérieur ait assuré que le gouvernement ne cherchera pas à expédier les procédures judiciaires dans les cas passibles de la peine capitale, le simple fait que des mesures soient prises afin de mettre des détenus à mort pourrait amener à privilégier le recours à ce châtiment plutôt que l’emprisonnement. Plus inquiétant encore, l’ordre émanant du ministre de l’Intérieur cautionne l’exécution de personnes condamnées à la peine capitale pour des infractions commises alors qu’elles étaient mineures. L’application de la peine de mort aux mineurs délinquants porte atteinte au droit international et bafoue les obligations internationales des Maldives.

S’opposer à la peine de mort ne veut pas dire être en faveur de l’impunité. Au lieu de recourir à la peine capitale, le gouvernement devrait mettre en place des mesures efficaces de prévention et de lutte contre la délinquance qui respecteraient par ailleurs les droits humains. L’intérêt public serait par exemple mieux servi par un renforcement du système judiciaire qui permette que les délinquants présumés soient traduits en justice sans que leurs propres droits fondamentaux soient foulés aux pieds.

Voir aussi :
Les Maldives doivent commuer les condamnations à mort prononcées contre deux mineurs délinquants déclarés coupables de meurtre, communiqué de presse, 3 mai 2013.

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