Maroc. Il faut une enquête sur l’homicide dont a été victime un Sahraoui âgé de 14 ans aux abords d’un site de protestation

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Index AI : PRE01/360/2010

ÉFAI

27 octobre 2010

Amnesty International appelle les autorités marocaines à ouvrir immédiatement une enquête sur le tir fatal dont a été victime un garçon de 14 ans à un poste de contrôle de l’accès à un camp de Sahraouis engagés dans un mouvement de protestation.

Selon ses proches, Al Nagem Al Qarhi a été touché mortellement le 24 octobre par un tir de membres de l’armée marocaine alors qu’il se trouvait dans une voiture apportant du ravitaillement dans un camp monté par des protestataires sahraouis qui demandent qu’il soit mis fin à leur marginalisation économique par le gouvernement marocain.

« Il y a des éléments troublants dans cet homicide qui doit faire immédiatement l’objet d’une enquête transparente, a déclaré Amnesty international. Les autorités marocaines doivent faire la preuve qu’elles n’ont pas violé les normes des Nations unies relatives à l’utilisation des armes à feu, ni eu recours à une force excessive dans le cadre du contrôle de l’accès au camp des protestataires sahraouis, de son approvisionnement et de ses communications.

La sœur de la victime, Sayida, a dit à Amnesty International qu’Al Nagem était mort presque immédiatement après avoir été touché par une balle dans le rein tirée à bout portant par les forces armées marocaines alors qu’il était assis dans une voiture avec six autres personnes.

Le ministère marocain de l’Intérieur a affirmé que la voiture avait « attaqué un poste de contrôle », et que celui-ci avait essuyé des tirs, mais en provenance d’un autre véhicule. Les membres de la famille ont affirmé que les passagers été assis lorsqu’ils avaient été pris pour cibles, et qu’ils venaient apporter du ravitaillement à des proches vivant dans le camp.

Selon le témoignage de Sayida, les autres passagers de la voiture dans laquelle se trouvait Al Nagem ont été blessés par les tirs puis frappés par des policiers marocains. Les blessés ont été transférés dans un hôpital militaire dans la ville voisine de Laayoune, et leurs proches les ont retrouvés menottés à leur lit lorsqu’ils sont venus les voir le jour suivant. Un d’entre eux a été arrêté depuis lors, et deux ont été emmenés pour être interrogés.

Selon ses proches, Al Nagem a été enterré le soir suivant par les autorités marocaines, qui ont refusé d’autoriser sa mère et ses frères et sœurs à voir le corps et de leur dire où il avait été enterré.

L’armée marocaine a maintenu des effectifs importants autour du camp, monté le 10 octobre par des Sahraouis ayant quitté Laayoune et d’autres villes du Sahara occidental pour demander des meilleurs conditions d’emploi et de logement.

Mercredi 27 octobre, la police a empêché une dizaine de journalistes espagnols de pénétrer dans le camp. Quelques jours auparavant, des agents marocains auraient utilisé des matraques et du gaz lacrymogène pour empêcher des centaines de personnes en véhicules motorisés de se rendre à l’intérieur du camp avec de l’approvisionnement.

Dans une lettre adressée la semaine dernière au ministre de l’Intérieur, Amnesty International a demandé que le droit à la liberté de réunion des Sahraouis soit respecté et qu’il n’y ait pas d’utilisation d’une force excessive pour disperser les manifestants.

Complément d’information

Depuis le 10 octobre 2010, des milliers de Sahraouis ont quitté Laayoune et dressé un camp dans le désert à un peu plus de 10 kilomètres à l’est de la ville. Des défenseurs des droits humains sahraouis affirment qu’il y a des dizaines de milliers de personnes dans le camp ; de sources officielles, elles étaient 5 000 la semaine dernière.

Le Sahara occidental est un territoire que se dispute le Maroc, qui l’a annexé en 1975, et le Front Polisario, qui en demande l’indépendance et dirige un gouvernement auto proclamé en exil dans des camps de réfugiés à Tindouf, en Algérie.

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