Méthodes d’intimidation des autorités envers plus de 40 demandeurs d’asile

· Le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), présent sur les lieux, s’est vu refuser la possibilité de rencontrer les demandeurs d’asile.

· Les autorités de l’Aceh vont à l’encontre des directives du vice-président indonésien.

· Neuf enfants et une femme en fin de grossesse comptent parmi le groupe des 44 personnes en danger.

En Indonésie, les autorités de la province de l’Aceh ont mis en danger la vie d’un groupe de plus de 40 demandeurs d’asile tamouls sri-lankais en procédant à des tirs de sommation et en menaçant de les repousser en mer, en violation flagrante du droit international, a déclaré Amnesty International vendredi 17 juin 2016.

«  Au lieu de recourir à ces méthodes d’intimidation susceptibles de mettre la vie d’hommes, de femmes et d’enfants en péril, les autorités indonésiennes doivent coopérer afin de les autoriser à débarquer en toute sécurité et de permettre au HCR de s’entretenir avec eux », a déclaré Josef Benedict, directeur des campagnes pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.

Les autorités ont cherché à contraindre le bateau à s’éloigner des côtes de la province de l’Aceh et à prendre le large. La veille, la police locale de l’Aceh a procédé à des tirs de sommation en l’air, terrifiant au moins cinq Tamoules sri-lankaises qui ont tenté de s’enfuir vers le rivage. Parmi les passagers se trouvent neuf enfants et une femme en fin de grossesse.

Vendredi 17 juin, un porte-parole du bureau de l’immigration de Banda Aceh a déclaré que les demandeurs d’asile tamouls partis du Sri Lanka il y a trois semaines ne seront pas autorisés à débarquer en Indonésie. Leur destination initiale était l’île Christmas, en Australie.

L’inspecteur général de la police de l’Aceh, Husein Hamidi, a déclaré qu’après avoir donné des denrées au groupe et avoir réparé leur embarcation, la police et la marine s’apprêtaient à les repousser dans les eaux internationales.

«  L’Indonésie risque de saper la bonne volonté dont elle a fait preuve en fournissant de l’aide en 2015 à des centaines de réfugiés et de migrants bloqués en mer d’Andaman. Contrairement aux mesures prises en mai 2015, les événements de cette semaine invitent à la comparaison avec des États qui se sont illustrés en renvoyant des personnes désespérées à la dérive, en haute mer, au péril de leur vie », a déclaré Josef Benedict.

Le bureau de l’immigration, la police et la marine de l’Aceh ont fait fi des directives du vice-président indonésien Jusuf Kalla, qui avait demandé que le groupe soit mis à l’abri. Ils ont choisi de bloquer la zone, empêchant les demandeurs d’asile tamouls sri-lankais d’accoster sur le rivage.

Des représentants du HCR, présents dans la province de l’Aceh, se tiennent prêts à interviewer les demandeurs d’asile pour vérifier leurs identités et établir leur statut.

« Le bureau de l’immigration et les forces de sécurité de l’Aceh bafouent l’autorité de leur propre vice-président et empêchent le HCR de faire son travail. Il faut appliquer des normes cohérentes de manière systématique, et toutes les autorités indonésiennes doivent coopérer avec les organismes internationalement reconnus », a déclaré Josef Benedict.

Complément d’information

Des pêcheurs de l’Aceh ont aperçu l’embarcation au large des côtes de cette province le 11 juin. Ils ont signalé sa présence à la marine indonésienne, qui n’a pas autorisé les passagers à son bord à débarquer ni à demander l’asile, faisant valoir que les demandeurs d’asile n’ont pas les papiers requis. Aux termes du droit international, ni l’absence de papiers ni l’entrée illégale sur un territoire n’excluent la possibilité de solliciter l’asile.

Le bateau a entamé un périlleux voyage depuis l’Inde ; les passagers auraient fui le Sri Lanka, où les membres de la minorité tamoule ont subi des persécutions par le passé. Malgré de récentes améliorations, des inquiétudes demeurent quant aux pratiques discriminatoires des responsables de l’application des lois envers les Tamouls.

Le groupe est parti d’Inde, à plus de 1 700 kilomètres, sur une embarcation battant pavillon indien. Ils ont navigué pendant plus de trois semaines, en direction de l’Australie. Alors qu’ils approchaient des côtes de l’Aceh, ils ont été victimes du mauvais temps, qui a mis à mal leur bateau au large de Lhoknga.

En avril, le Conseil des droits humains de l’ONU a noté que le Sri Lanka connaît une recrudescence des arrestations de Tamouls au titre de la Loi relative à la prévention du terrorisme (PTA). Dans plusieurs cas, les arrestations menées au titre de cette loi n’ont pas respecté les normes minimales de procédure légale exposées dans les directives de la Commission des droits humains du Sri Lanka. Les Sri-Lankais tamouls restent très inquiets face à ce qu’ils considèrent comme une culture persistante de la surveillance dans le nord et l’est du pays.

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