Mexique. Amnesty International présente au Conseil des droits de l’homme son propre rapport sur la situation des droits humains

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le gouvernement mexicain fournit aux Nations unies une évaluation incomplète de la situation des droits humains dans ce pays d’Amérique latine, estime Amnesty International dans son rapport au Conseil des droits de l’homme, qui examine le 10 février le bilan du Mexique en matière de droits humains.

Amnesty International estime que les autorités mexicaines n’ont pas reconnu l’absence fréquente de mise en œuvre ou d’impact de leurs politiques, ni la dégradation de la situation des droits humains dans de nombreuses régions du pays.

« Le rapport présenté par le gouvernement mexicain sur la situation des droits humains dans ce pays ne reflète pas la réalité », a déclaré Kerrie Howard, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International.

« La liste de mesures et de réformes positives fournie par le gouvernement est encourageante, mais le rapport ne contient aucune information sur les résultats obtenus en matière de prévention des violations des droits humains et de lutte contre l’impunité. »

Amnesty International a constaté, par exemple, que :

 à ce jour, le Mexique n’a pas encore entériné dans sa Constitution le statut des traités internationaux relatifs aux droits humains ;

 les autorités n’ont encore amené personne à rendre compte de ses actes pour les 100 homicides et les 700 disparitions forcées qui ont eu lieu entre les années 60 et 80 ;

 les agents de la police fédérale, d’État et municipale impliqués dans de graves violations, comme des détentions arbitraires, des actes de torture, des viols ou des homicides illégaux, en particulier lors des troubles en 2006 à San Salvador Atenco et Oaxaca, n’ont toujours pas été traduits en justice ;

 la justice militaire continue de juger les cas de violations des droits humains alors que les normes internationales insistent sur le fait que ces affaires doivent être jugées par des instances civiles ;

 le nombre d’informations faisant état d’atteintes aux droits humains imputables à des membres des forces de sécurité – détention arbitraire, torture et autres formes de mauvais traitements, violences sexuelles, homicides illégaux – a augmenté pendant les opérations de lutte contre les gangs criminels ;

 les défenseurs des droits humains, en particulier dans les zones rurales, sont souvent persécutés et parfois détenus de manière prolongée sur la base d’accusations pénales forgées de toutes pièces ou motivées par des considérations politiques ;

 les populations indigènes et les autres populations marginalisées font parfois l’objet d’un harcèlement en raison de leur opposition à des projets de développement affectant leurs moyens de subsistance ;

 les migrants en situation irrégulière qui traversent le Mexique sont fréquemment maltraités par des agents de l’État et soumis à des violences sexuelles ou autres aux mains des groupes de criminels ;
 malgré les avancées dans la législation pour protéger les femmes contre la violence, les nouvelles dispositions sont peu mises en œuvre. Les plaintes, les poursuites et les condamnations lorsque des femmes sont victimes de violence au foyer, de viols et même d’homicides demeurent extrêmement rares. Deux ans après l’adoption de la Loi générale de 2007 destinée à prévenir la violence contre les femmes, deux États n’ont toujours pas adopté de texte lui donnant force de loi ;

 la pauvreté et la marginalisation continuent de priver une partie de la population rurale, notamment indigène, du droit à un niveau de vie décent et du droit au développement dans le respect de ses besoins et de ses intérêts.

Par ailleurs, Amnesty International est préoccupée par le fait qu’il n’y a pas, sur une base régulière, de véritable dialogue avec la société civile sur les moyens à mettre en œuvre pour renforcer l’impact des politiques relatives aux droits humains.

Amnesty International constate que le rapport présenté par le Mexique met l’accent sur une ouverture aux mécanismes internationaux de protection des droits humains. Étant donné le rôle crucial que le Mexique a joué dans l’élaboration de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme, l’organisation espère que le gouvernement de ce pays saura se saisir de l’occasion qui lui est donnée de renforcer ses efforts pour résoudre les problèmes que connaît le Mexique en matière de droits humains.

Les modalités de l’Examen périodique universel prévoient que les gouvernements peuvent soumettre au Conseil des droits de l’homme un rapport sur le respect de leurs obligations en matière de droits humains. Chaque gouvernement participe alors à un débat avec d’autres États au cours duquel il présente son rapport et répond aux questions des autres pays. Des organisations de la société civile comme Amnesty International peuvent contribuer au processus d’Examen périodique universel en soumettant leurs propres informations. Au cours des échanges, les États membres peuvent recommander des mesures pour améliorer le respect par le pays en question de ses engagements en matière de droits humains.

Pour plus d’informations sur les informations présentées par Amnesty International à l’occasion de l’Examen périodique universel des Nations unies consacré au Mexique, vous pouvez consulter le document suivant (en anglais ou en espagnol) : http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR41/038/2008/en
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