Communiqué de presse

Mexique. Il faut libérer les 11 personnes détenues et poursuivies pour une manifestation en faveur des étudiants « disparus »

Les autorités mexicaines doivent abandonner les poursuites exagérées et libérer immédiatement 11 manifestants injustement détenus dans deux prisons de haute sécurité après avoir protesté contre la disparition de 43 étudiants à Iguala, a déclaré Amnesty International à l’approche d’une audience cruciale pour cette affaire qui se déroulera samedi 29 novembre.

L’organisation demande également qu’une enquête soit ouverte sans délai sur les allégations indiquant que les policiers ont battu et menacé ces manifestants en détention.

« Les éléments pesant contre les 11 manifestants sont si peu convaincants qu’il est extrêmement difficile de comprendre pourquoi ils sont toujours en détention, qui plus est dans des prisons de haute sécurité où ils sont traités comme des “détenus de grande valeur”. De telles actions permettent de s’interroger sur la possibilité d’une tentative délibérée visant à décourager les manifestations légitimes  », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

Trois femmes et huit hommes ont été inculpés d’association de malfaiteurs, de mutinerie et de tentative d’homicide sur un policier. Le seul élément qui pèse contre eux est le témoignage des cinq agents qui les ont arrêtés. À moins que des preuves suffisantes ne soient présentées pour étayer les accusations, ces manifestants doivent être libérés.

« Si le ministère public poursuit son enquête, il doit présenter assez de preuves contre les manifestants, ce qu’il n’a pas fait pour l’instant. En l’absence de véritables éléments à charge, ces poursuites n’auraient jamais dû être engagées.  »

La plupart des détenus qui ont pu contacter un avocat de leur choix ont indiqué que des policiers les avaient battus et menacés en détention. D’après leurs avocats, les manifestants ont des ecchymoses et des cicatrices autour des yeux et sur les bras.

Les trois femmes continuent d’être assistées par des avocats commis d’office. On ignore quel est leur état de santé. Elles ont été placées dans la prison de haute sécurité située dans l’État du Nayarit, à 700 km de Mexico, où les contacts avec leurs proches et leurs avocats sont extrêmement limités.

« Au lieu d’engager des poursuites sans fondement contre des manifestants, le Bureau du procureur général de la République doit s’occuper d’établir le lieu où se trouvent les 43 étudiants disparus et de conduire les responsables présumés devant la justice  », a déclaré Erika Guevara Rosas.

Complément d’information
Quarante-trois étudiants de l’école normale rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, dans l’État de Guerrero, ont « disparu » depuis le 26 septembre 2014.

Ils ont été arrêtés par la police locale dans la ville d’Iguala et, selon l’enquête officielle, livrés à une bande criminelle. Des violations des droits humains et une collusion entre les autorités locales et des criminels avaient déjà été signalées, mais les autorités fédérales et de l’État avaient décidé de ne pas intervenir.

Depuis leur « disparition », plusieurs charniers ont été découverts dans l’État de Guerrero. Pour l’heure, des analyses médicolégales ont permis de conclure qu’aucun de ces restes n’appartenait aux étudiants disparus.

Amnesty International a recueilli des informations sur d’autres cas de violations par la police lors de manifestations à Mexico.

Le 1er décembre 2012 et le 2 octobre 2013, plusieurs manifestants ont été arrêtés arbitrairement et inculpés d’infractions graves. La plupart ont été jugés et acquittés quelques mois plus tard, faute de preuves. Certains d’entre eux ont subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements au moment de leur arrestation ou pendant leur détention. Bien qu’il y ait eu suffisamment d’éléments dans ces affaires, personne n’a été amené à rendre des comptes pour ces atteintes aux droits humains.

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