Mexique. Les organisateurs d’une protestation contre des tarifs élevés d’électricité sont sanctionnés

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI - 4 mars 2010

Ce jeudi 4 mars 2010, Amnesty International a accusé les autorités mexicaines de se servir abusivement du système judiciaire afin de placer en détention trois dirigeants d’un mouvement qui proteste contre les tarifs élevés de l’électricité dans l’État de Campeche, dans l’est du pays.

Pour Amnesty International, Sara López, Joaquín Aguilar et Guadalupe Borja, du Mouvement national contre les tarifs élevés de l’électricité au Campeche, sont des prisonniers d’opinion.

Ils sont détenus depuis juillet 2009 en raison de leur implication dans cette organisation. Le Bureau du procureur général de la République du Mexique accuse ces trois personnes d’avoir pris en otage un employé de la compagnie fédérale d’électricité mexicaine.

Les chefs d’inculpation étaient fondés sur une première plainte déposée par le représentant légal de la compagnie d’électricité pour entrave à la fourniture d’un service public, ce qui constitue un délit mineur.

Cette plainte a été déposée après que les dirigeants du mouvement de protestation ont rencontré la compagnie d’électricité pour demander que le courant soit rétabli. Cependant, le Bureau du procureur général a ensuite forgé de toutes pièces l’accusation de prise d’otage, crime grave qui interdit la mise en liberté sous caution.

En janvier 2010, une cour d’appel fédérale a jugé que les preuves contre ces trois personnes étaient dénuées de tout fondement et ne démontraient pas la commission des crimes. Toutefois, le Bureau du procureur général a interjeté appel de cette décision sans aucune justification, prolongeant ainsi leur détention jusqu’à ce qu’il soit statué sur cet appel.

Amnesty International demande aux autorités mexicaines de les libérer immédiatement et sans condition.

« Les inculpations pénales visant Sara, Joaquín et Guadalupe sont totalement infondées et semblent avoir pour seul objectif de mettre fin à leur campagne contre les coûts élevés de l’électricité, a expliqué Rupert Knox, responsable des recherches sur le Mexique à Amnesty International.

« Il est temps que les autorités mexicaines cessent de prendre pour cibles des personnes participant à des protestations et des actions dissidentes légitimes. »

Le 25 septembre 2008, une quarantaine de personnes de la ville de Candelaria se sont présentées au bureau local de la compagnie fédérale d’électricité afin de demander le rétablissement du courant. La compagnie avait en effet coupé l’électricité à des habitants de la ville pour cause de non-paiement, lors même que des négociations étaient en cours.

À la suite des protestations, l’avocat de la compagnie d’électricité a déposé auprès du parquet une plainte pour « entrave à la fourniture d’un service public » contre les personnes figurant sur la liste de la compagnie en tant que débitrices car elles n’ont pas réglé leurs factures.

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