Le retard dans l’établissement d’un fonds pour les personnes affectées par le réchauffement climatique menace les droits humains

Deux garçons avec du bétail sur un bateau après une inondation dans l'Assam, en Inde, en août 2023

Amnesty International demande la mise en fonctionnement et la capitalisation, dans les meilleurs délais, du Fonds international pour les pertes et préjudices, destiné à réparer les dommages subis par les populations les plus durement touchées par le changement climatique, après que des États à revenus élevés qui sont les principaux responsables de la crise climatique ont laissé passer la date limite pour désigner leurs représentants au sein du conseil d’administration du fonds.

Après l’année la plus chaude jamais enregistrée au niveau mondial, il est absolument primordial de passer à l’action, mais le manquement au devoir d’agir promptement sur l’accord conclu lors du sommet de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique en novembre, dans le but de faire progresser et de mettre en place un fonds pour les pertes et préjudices fonctionnel, que la Banque mondiale accueillera dans un premier temps, menace de porter atteinte aux droits fondamentaux de populations ayant désespérément besoin de ressources pour faire face aux impacts du changement climatique.

« L’opérationnalisation complète d’un Fonds pour les pertes et préjudices, financé de manière adéquate, est potentiellement une question de vie ou de mort pour des millions de personnes dans le monde qui sont confrontées aux conséquences les plus graves du réchauffement climatique, telles que les sécheresses, les inondations, l’élévation du niveau des mers, l’acidification des océans, la désertification et la perte de moyens de subsistance. Les retards dans le versement des fonds au niveau requis menacent les droits des personnes les plus touchées par l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes et la dégradation de l’environnement causée par le réchauffement climatique », a déclaré Ann Harrison, conseillère en matière de justice climatique à Amnesty International.

« L’année dernière, des pays " développés " ont rejeté les préoccupations de défenseur·e·s des droits humains concernant l’implication de la Banque mondiale, en faisant valoir que l’accueil du fonds par la Banque contribuerait à garantir une mise en œuvre plus rapide. Ces États ont obtenu ce qu’ils voulaient, et pourtant ils compromettent le progrès. Les populations qui se trouvent en première ligne de la crise climatique ne devraient pas avoir à attendre que des vies et des écosystèmes soient perdus, tandis que des nations qui ont été les plus grands émetteurs historiques de gaz à effet de serre se disputent les sièges d’un conseil d’administration. »

« Le fait que seules deux femmes aient été nommées à ce jour au sein de ce conseil d’administration comptant 26 membres, en dépit d’un mandat en faveur de la parité, est également alarmant et la situation doit être rectifiée. Les femmes font partie des personnes les plus exposées à la crise climatique et les plus touchées par celle-ci ; elles devraient donc être représentées de manière beaucoup plus équitable dans la gouvernance du Fonds. »

La première réunion du conseil d’administration du fonds devait se tenir en janvier, mais les retards persistants compromettent désormais le calendrier 2024 pour le fonds, notamment la date limite de juin pour que la Banque mondiale confirme sa volonté de l’accueillir dans les conditions fixées lors de la dernière Conférence des Nations unies sur le changement climatique.

Complément d’information

Le conseil d’administration du Fonds pour les pertes et préjudices est composé de 26 membres, dont : 12 issus d’États « développés », qui portent la plus grande responsabilité historique dans le changement climatique causé par les émissions anthropiques de gaz à effet de serre ; trois chacun pour les régions de l’Asie-Pacifique, de l’Afrique, de l’Amérique latine et des Caraïbes ; deux chacun venant de petits États insulaires « en développement » et de pays parmi « les moins avancés » ; et un d’un autre pays « en développement » n’entrant pas dans ces catégories. Un accord sur la création du Fonds des pertes et préjudices a été conclu lors de la COP27 en 2022. Certaines parties se sont engagées à fournir un financement limité à ce fonds, lors de la COP28 qui s’est tenue à Dubaï l’année dernière.

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