Myanmar, L’armée durcit le contrôle sur les produits de première nécessité

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Les denrées alimentaires et les fournitures médicales sont limitées dans les zonesl’armée mène des attaques sans discrimination contre la population civile. Les travailleurs humanitaires locaux et les bénévoles humanitaires sont pris pour cibles lorsqu’ils tentent d’acheter ou d’acheminer des produits de première nécessité ou de dispenser des soins d’urgence. Les personnes nouvellement déplacées craignent pour leur vie alors qu’elles luttent pour satisfaire leurs besoins les plus vitaux.

Depuis qu’elle s’est emparée du pouvoir il y a près d’un an, le 1er février, L’armée du Myanmar se livre à des attaques sans discrimination contre les populations civiles et entrave l’accès aux produits de première nécessité essentiels à leur survie, a déclaré Amnesty International le 17 décembre 2021.

Amnesty International s’est entretenue avec quatre civil·e·s déplacés et six travailleurs·euses humanitaires locaux et intervenant·e·s humanitaires bénévoles. Leurs récits poignants mettent en lumière la volonté systématique de l’armée d’affamer la population et de l’empêcher d’accéder à des soins de santé dans le cadre de sa politique visant à écraser la résistance armée au coup d’État.

Dans le cadre de sa guerre contre la résistance armée, l’armée a lancé des frappes aériennes aveugles et incendié des centaines d’habitations

Depuis plus de 60 ans, l’armée applique la stratégie des « quatre coupes » [1] dans les zones frontalières du pays, barrant l’accès aux ressources essentielles afin de détruire la base de soutien des organisations armées ethniques qui luttent pour l’autodétermination. Aujourd’hui, elle étend cette tactique à des zones où sont apparues les nouvelles Forces de défense du peuple et continue de réprimer violemment toutes les formes de résistance au coup d’État. La mise en œuvre de la stratégie des « quatre coupes » par l’armée a des conséquences dévastatrices [2] pour la population civile.

Dans le cadre de sa guerre contre la résistance armée, l’armée a lancé des frappes aériennes aveugles et incendié des centaines d’habitations, mais a également bloqué l’approvisionnement en produits et services vitaux pour la population civile dans diverses régions ethniques et géographiques.

Les Nations unies ont identifié 284 700 [3] personnes déplacées à l’intérieur du pays en raison des affrontements armés et de l’insécurité depuis le coup d’État et au moins deux millions de personnes ayant désormais besoin d’assistance humanitaire en 2021, tout en prévoyant une forte augmentation des besoins humanitaires en 2022.

Le 9 décembre, l’ONU a évoqué [4] l’accès « très restreint » à l’aide humanitaire, citant notamment comme obstacles le blocage des routes et le contrôle accru du personnel et des convois humanitaires.

Les Nations unies ont identifié 284 700 personnes déplacées à l’intérieur du pays en raison des affrontements armés et de l’insécurité depuis le coup d’État

« Depuis que l’armée s’est emparée du pouvoir, la population du Myanmar est plongée dans des difficultés extrêmes. Des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer. Beaucoup souffrent de la faim et se retrouvent à devoir survivre sans services de santé ni soins médicaux alors que la pandémie se poursuit », a déclaré Emerlynne Gil, directrice régionale adjointe des recherches à Amnesty International.

Une difficile survie dans la forêt

Katherine* entamait le second trimestre de sa grossesse lorsque des combats entre l’armée et une alliance d’organisations de résistance civile et d’organisations armées ethniques ont éclaté dans l’État kayah en mai. L’armée a riposté au nouveau front d’opposition en menant des frappes aériennes, en procédant à des tirs d’artillerie lourde [5] et en tirant sans discernement [6], amenant 100 000 personnes à fuir leur foyer au 8 juin, selon les chiffres de l’ONU.

Le 9 juin, le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar Tom Andrews a averti [7] que la faim, les maladies et l’exposition aux violences risquaient de « provoquer des morts en masse » à travers l’État, alors que l’armée empêchait les personnes déplacées de se procurer de la nourriture, de l’eau et des médicaments, notamment en bloquant les convois d’aide.

Lorsque les combats ont atteint le village de Katherine, dans la municipalité de Demoso, elle s’est enfuie dans la forêt avec son époux et leurs deux enfants. La famille s’est déplacée plusieurs fois pour sa sécurité et a enduré la saison des pluies, dormant sous une bâche. Selon son époux, ils ont reçu des vivres d’organisations humanitaires et d’autres villageois, mais en quantité insuffisante.

« Beaucoup souffrent de la faim et se retrouvent à devoir survivre sans services de santé ni soins médicaux »

Au septième mois de sa grossesse, Katherine a commencé à souffrir de vomissements et de vertiges, de fatigue et de difficultés à respirer. Une fois, elle a eu une crise d’épilepsie. Au huitième mois, ses jambes ont gonflé et elle ne pouvait plus marcher. Elle a commencé à avoir des contractions en octobre. Une sage-femme était présente, mais ni Katherine ni son bébé n’ont survécu.

« Elle n’a pas pu avoir accès à une nourriture suffisante ni à un abri chauffé. Mon épouse a rencontré des difficultés pendant sa grossesse, elle était affaiblie et incapable d’accoucher du bébé », a expliqué son époux.

La municipalité de Hpruso, dans l’État kayah, est aussi le théâtre de déplacements massifs depuis le mois de mai. Francis* n’a pas pu fuir tout de suite avec sa famille, parce qu’il est paralysé des membres inférieurs. Son épouse et sa belle-mère ont couru dans la forêt avec leurs quatre enfants et il les a rejoints le lendemain, lorsque des habitants de son village sont revenus le chercher et l’ont porté.

La famille est rentrée dans sa maison au bout d’une semaine et demie, mais a dû rapidement s’enfuir lorsque les combats ont repris. Au total, ils ont passé environ un mois dans la forêt. « Lorsque nous nous sommes enfuis la première fois, nous dormions simplement où nous pouvions, sans couverture ni abri. Au bout d’un jour ou deux, lorsque les choses ont commencé à se calmer un peu, nous avons amené des draps et des couvertures [de notre maison]. Pendant tout ce temps, nous nous abritions sous une bâche », a déclaré Francis.

« Lorsque nous nous sommes enfuis la première fois, nous dormions simplement où nous pouvions, sans couverture ni abri »

Sa famille et d’autres habitant·e·s du village ont dû survivre avec les aliments et l’eau qu’ils arrivaient à trouver. Ils n’avaient pas accès aux médicaments ni aux fournitures médicales. L’épouse de Francis utilise habituellement des gants en plastique et des cathéters pour l’aider à aller à la selle et à uriner, mais ils se sont retrouvés à court de matériel pendant qu’ils étaient dans la forêt.

En juin, une association caritative lui a proposé un refuge plus stable, où il se trouve actuellement avec son épouse et ses deux plus jeunes enfants. Le refuge offre de meilleures installations et un meilleur accès aux ressources que la forêt, mais la nourriture reste limitée. Francis craint également que l’endroit où il vit ne soit attaqué.

Les deux aînés de Francis vivent avec leur grand-mère et leur tante et continuent de faire des allers-retours dans la forêt, au gré des combats entre les forces de sécurité et les groupes de résistance armée qui se poursuivent. Francis souhaite être réuni avec tous ses enfants, mais craint les difficultés que cela engendrerait pour les personnes qui lui viennent en aide : « Si je choisis de retourner au village et que je dois de nouveau m’enfuir, je serai un fardeau pour les autres. Je ne peux plus l’envisager, alors j’ai décidé de rester ici jusqu’à ce que la situation s’améliore. »

S’enfuir en portant les plus faibles sur le dos

Dans les régions de Sagaing et Magway et dans l’État chin, dans le nord-ouest du Myanmar, les affrontements entre l’armée et les groupes de résistance civile, ainsi que les organisations armées ethniques, ont amené plus de 93 000 personnes [8] à fuir leur foyer selon les Nations unies, tandis que l’armée attaque [9] des zones résidentielles –frappes aériennes [10], incendies [11] et tirs sans discrimination [12].

Tial Lian,* 30 ans, a fui dans la forêt depuis son village de la municipalité de Mindat, dans l’État chin, avec son époux, ses deux enfants, son père et sa grand-mère lorsque les combats se sont intensifiés en mai.

Parce que son père, âgé de 77 ans, et sa grand-mère, dont l’âge est estimé à plus de 100 ans, ont du mal à marcher, Tial Lian et son époux les ont portés sur le dos lorsqu’ils se sont enfuis. Depuis, la famille fait des allers-retours dans la forêt, où Tial Lian et son époux ont construit un petit abri fait de bâches. Parfois, craignant que les pleurs de leur bébé n’alertent les soldats sur leur position, le couple s’enfonce plus avant dans la forêt avec ses enfants, laissant les deux personnes âgées de la famille dans l’abri, pendant plusieurs jours.

Lorsque les soldats sont dans les parages, ils n’osent pas faire de feu et ne mangent rien, et ce parfois pendant plusieurs jours

Il arrive que les rats rongent et trouent les bâches, qui n’offrent qu’une protection limitée contre les intempéries. « Lorsqu’il pleut, notre bâche ne supporte pas le poids de l’eau. Nous sommes trempés, tout comme nos couvertures », a déclaré Tial Lian. Lorsque les soldats sont dans les parages, ils n’osent pas faire de feu et ne mangent rien, et ce parfois pendant plusieurs jours.

Même lorsqu’ils peuvent retourner dans leur village, il leur est difficile de trouver de la nourriture et des médicaments. « Les routes pour aller acheter du riz sont bloquées et personne n’en vend dans le village », a expliqué Tial Lian.

« Parce que la route est bloquée par les soldats, nous devons payer 1 500 kyats (environ 75 cents d’euro) pour acheter des produits qui ne coûteraient [habituellement] que 1 000 kyats », a-t-elle ajouté. Outre la pénurie de riz, il est parfois impossible de se procurer de l’huile de cuisson, du sel et du beurre de poisson.

D’après les chiffres de l’ONU, la recrudescence des combats depuis le mois de mars dans l’État kachin, tout au nord du Myanmar, entre l’Organisation pour l’indépendance kachin (KIO) et l’armée a amené plus de 15 000 personnes [13] à quitter leur foyer [14] à travers l’État.

Hkaw Reng* n’est pas retournée dans son village, dans la municipalité d’Injangyang, depuis que les combats ont redoublé d’intensité en mars. Elle a fui son village et a marché avec son fils d’un an pendant deux jours avant d’installer un campement. Elle a reçu une aide humanitaire limitée : « Les routes sont bloquées et l’endroit où je me suis installée est reculé, alors il est difficile de se procurer de la nourriture ou des médicaments. »

« L’armée prive les populations d’une aide vitale. Elle étrangle les possibilités de secours, en bloquant les voies d’approvisionnement pour les vivres et le matériel médical »

Vers le mois d’avril, Hkaw Reng a découvert qu’elle était enceinte, mais elle n’a pas encore reçu de soins prénataux. Elle s’inquiète au sujet de son accouchement, car se rendre dans un centre médical pourrait lui prendre des heures et il lui faudrait franchir des postes de contrôle de l’armée en chemin.

Blocage des approvisionnements

Six bénévoles humanitaires locaux ont raconté la façon dont l’armée restreint fortement l’action humanitaire, notamment en arrêtant les travailleurs humanitaires et en saisissant ou détruisant les denrées, les médicaments et les fournitures de secours, ou en entravant leur transport.

« L’armée prive les populations d’une aide vitale. Elle étrangle les possibilités de secours, en bloquant les voies d’approvisionnement pour les vivres et le matériel médical et en menaçant le personnel médical qui veut seulement sauver des vies », a déclaré Emerlynne Gil.

En novembre, les Nations unies ont décrit [15] un contexte « fragile » en termes de sécurité dans le sud-est du Myanmar et un accès humanitaire « fortement restreint ».

Dans la municipalité de Moebye, dans le sud de l’État chan, où des combats ont éclaté [16] fin mai, une équipe d’action humanitaire composée de jeunes de la région a tenté de faire parvenir des denrées de secours aux personnes déplacées cachées dans les montagnes dans la matinée du 8 juin, selon l’un des membres de l’équipe. Cet homme, qui préfère taire son identité par peur des représailles, a raconté que l’équipe a chargé des sacs de riz dans une fourgonnette, dans une école qui servait d’entrepôt. Lorsque la fourgonnette est partie, des soldats ont ouvert le feu dans sa direction. Elle n’est jamais arrivée à destination.

« Nous avons dû nous enfuir rapidement et n’avons pas pu déplacer le stock », a-t-il indiqué.

« Lorsque les gens commandent des fournitures médicales, les forces de sécurité ouvrent les colis sur la route et les saisissent »

Cette nuit-là, il a regardé au loin les soldats vider l’entrepôt de son contenu et y mettre le feu. Plus de 80 sacs de riz, ainsi que d’autres denrées, fournitures médicales et bidons d’essence sont partis en fumée. Les soldats ont aussi détruit une ambulance identifiée et un autre véhicule. « Ils ont tout brûlé, à part les toilettes mobiles », a indiqué ce bénévole.

Les soldats ont aussi visé et tiré en direction des montagnes, et les personnes qui avaient déjà fui leur maison ont encore dû changer d’endroit. Elles manquaient de nourriture, mais avaient peur de sortir de leur cachette pour en trouver davantage.

Ce membre de l’équipe d’action humanitaire a ajouté que début octobre, un chauffeur transportant des vivres à destination des personnes déplacées à Moebye a été arrêté entre les localités de Nyaung Shwe et Pekon.

« [Les soldats] ont saisi toutes les denrées non périssables et le camion, et ont arrêté le chauffeur et son assistant. »

Il a ajouté que l’armée bloque l’acheminement de fournitures médicales jusqu’à Moebye depuis début octobre et que son équipe n’a pas pu recevoir les dons de produits de secours en provenance de Yangon. « La situation n’est pas sûre, nous n’osons pas aller chercher les dons et aucun chauffeur n’ose les transporter. »

Son équipe ne va plus jusqu’au marché de la localité voisine de Loikaw pour acheter des produits et retarde la distribution de certains produits du fait des risques. En outre, ils ont du mal à transférer les fonds pour faire leurs achats, car rares sont les agents de transferts de fonds qui osent les aider, craignant d’être à leur tour pris pour cibles.

« Les soldats procèdent à des arrestations et à de nombreux contrôles lorsque nous envoyons des vivres et des bâches pour les abris »

Cette équipe de bénévoles, qui travaille aussi avec des professionnel·le·s de santé pour proposer des soins dans des cliniques mobiles et des services d’urgence, a parfois dû reporter ou suspendre ces actions par peur des arrestations.

D’après une travailleuse de la société civile dans la municipalité voisine de Pekon, qui est aussi le théâtre d’affrontements ayant engendré des déplacements de population [17] depuis fin mai, l’armée a commencé à bloquer les routes en juin : « Au début, nous empruntions d’autres itinéraires, mais ils les ont aussi bloqués. Aujourd’hui, nous transportons [les produits de secours] par petites quantités ; mais dans certaines zones, nous n’avons rien pu amener. »

L’armée inspecte régulièrement le contenu des véhicules, à des postes de contrôle mobiles. « Dernièrement, ils ont complétement bloqué le transport de médicaments. Lorsque les gens commandent des fournitures médicales, [les forces de sécurité] ouvrent les colis sur la route et les saisissent », a-t-elle déclaré.

Une autre travailleuse de la société civile a signalé des obstacles similaires lors de la distribution d’aide dans les municipalités de Loikaw, Demoso et Hpruso, dans l’État kayah : « Les soldats procèdent à des arrestations et à de nombreux contrôles lorsque nous envoyons des vivres et des bâches pour les abris et parfois, ils nous interdisent de passer. Lorsque nous transportons des provisions, nous ne pouvons pas le faire ouvertement. »

Les membres de l’équipe livrent des produits de première nécessité en petites quantités, à moto ou à pied, pour passer inaperçus

Son organisation a retiré les drapeaux blancs placés initialement sur les véhicules pour signaler qu’il s’agissait de secours. Afin d’éviter d’attirer l’attention de l’armée, cette association achète désormais en petites quantités.

La crainte d’être attaqués ou pris entre deux feux retarde ou bloque aussi le travail de son équipe lorsqu’il s’agit de se rendre dans certains secteurs de la municipalité de Demoso : « Nous devons rechercher un itinéraire sûr que [l’armée] ne connaît pas. Nous nous arrêtons à un endroit et gardons le stock, et lorsque la voie est libre, nous nous remettons en route. »

Une peur omniprésente

Dans le nord-ouest du Myanmar, les bénévoles humanitaires sont en butte aux mêmes difficultés et les Nations unies ont signalé des pénuries de vivres, de carburant et de matériel médical le 9 décembre.

Selon un bénévole au sein d’une équipe de réaction d’urgence à Mindat, dans l’État chin, son groupe n’est pas en mesure d’acheminer des vivres ni de l’aide médicale dans de nombreux secteurs de la municipalité du fait des routes bloquées. Les membres de l’équipe livrent des produits de première nécessité en petites quantités, à moto ou à pied, pour passer inaperçus, car l’un d’entre eux a été arrêté sur le chemin du retour, après avoir livré de l’aide à des personnes déplacées.

Dans la municipalité de Kalay, dans la région de Sagaing, une travailleuse de la société civile a déclaré que l’armée « bloque toutes les routes principales » et que les forces de sécurité « contrôlent tout » dans les véhicules circulant dans la zone.

L’armée a coupé Internet dans 24 municipalités du centre et du nord-ouest du Myanmar, notamment à Yinmarbin, depuis septembre

« Ils interdisent tous les produits qui peuvent aider [les personnes déplacées] et procèdent à des arrestations. Parfois, nous n’osons pas acheminer de l’aide et nous attendons », a-t-elle déclaré. Son association a choisi de ne pas envoyer de médicaments du tout, car ils ont entendu dire que l’armée les confisque tous à l’entrée de la ville.

Du fait des risques induits par le transport de marchandises, il est difficile de trouver des chauffeurs dans les zones où les combats se poursuivent, dans la région de Sagaing et l’État chin, et là où son association est active : « Certaines fois, nous avons dû négocier et supplier [les chauffeurs] de livrer les denrées. »

Selon un médecin bénévole de la municipalité de Yinmarbin, dans la région de Sagaing, son équipe ne peut pas transporter librement des médicaments ni des équipements médicaux : « Parfois, [nos fournisseurs] nous les envoient, mais on ne les reçoit pas. » Il fait partie d’un réseau mobile dispensant des soins de santé dans les zones touchées par le conflit, ainsi qu’aux blessés des Forces de défense du peuple, et fournissant de l’aide alimentaire aux personnes déplacées dans la région de Sagaing.

L’armée a coupé Internet dans 24 municipalités [18] du centre et du nord-ouest du Myanmar, notamment à Yinmarbin, depuis septembre. Le médecin bénévole a déclaré que son équipe accède donc avec retard à l’information sur la situation sur le terrain, ce qui gêne grandement leur réponse médicale, notamment dans les secteurs où l’armée bloque [19] aussi par moments les réseaux téléphoniques.

« Ils interdisent tous les produits qui peuvent aider les personnes déplacées et procèdent à des arrestations. Parfois, nous n’osons pas acheminer de l’aide et nous attendons »

En outre, ils sont exposés à des risques pour leur sécurité. Ce médecin a indiqué qu’en juillet, un centre médical provisoire a été touché par des tirs d’artillerie et des tirs d’armes à feu de l’armée, et que les bénévoles et les patients ont dû fuir. Au moins trois bénévoles de son réseau ont également été arrêtés.

Ces récits illustrent la situation à travers le pays et démontrent que l’armée du Myanmar prive systématiquement la population civile de vivres et de médicaments dont elle a désespérément besoin.

« D’autres vies seront perdues si l’armée poursuit cette violente campagne contre son propre peuple. Elle doit accorder au personnel humanitaire une liberté totale d’accès dans les régions touchées », a déclaré Emerlynne Gil.

Remarque : * Les noms ont été modifiés afin de préserver la sécurité des personnes interrogées.

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