Myanmar : Demande de libération de journalistes en détention

Les autorités du Myanmar doivent libérer immédiatement trois journalistes arrêtés pour avoir mené leurs activités dans le nord de l’État chan, où un conflit fait rage, a déclaré Amnesty International le 26 juin 2017.

Aye Nai et Pyae Phone Naing, tous deux journalistes pour l’organisation médiatique Democratic Voice of Burma, et Thein Zaw (connu sous le nom de Lawi Weng), journaliste pour le journal Irrawaddy, ont été arrêtés avec quatre autres personnes avec qui ils voyageaient. On ignore pour l’instant l’identité des quatre autres détenus.

« Ces journalistes doivent être libérés immédiatement et sans condition et autorisés à reprendre leur travail librement et sans craintes. Leur arrestation envoie un message inquiétant aux médias déjà assiégés au Myanmar », a déclaré James Gomez, directeur pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.

Amnesty International a appris que le groupe a été arrêté par des soldats à un poste de contrôle militaire dans le village de Payargyi, dans la municipalité de Namhsann (nord de l’État chan) à environ 15 h 30. Les journalistes étaient dans la région pour rendre compte d’une cérémonie au cours de laquelle des stupéfiants ont été brûlés à l’occasion de la Journée Internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues.

Dans une déclaration publiée sur Facebook, le commandant en chef des forces armées du Myanmar a déclaré que les journalistes avaient été arrêtés car ils avaient été en contact avec l’Armée de libération nationale ta’ang (TNLA).

La TNLA est l’un des groupes ethniques armés parties à un conflit avec la Tatmadaw, les forces militaires du Myanmar, dans le nord du pays.

Dans la déclaration, il menaçait de poursuivre le groupe «  conformément à la loi  ». On craint que les sept personnes arrêtées soient poursuivies au titre de la vague et répressive Loi relative aux associations illégales, souvent utilisée pour arrêter arbitrairement et placer en détention des personnes dans des zones de conflits ethniques dans les régions frontalières du Myanmar.

L’espace accordé aux journalistes pour qu’ils puissent mener leurs activités d’une importance cruciale est menacé, les autorités continuant d’invoquer une série de lois draconiennes pour réduire au silence, arrêter et emprisonner des journalistes et pour restreindre l’accès aux zones où l’armée est présente.

« Ces arrestations sont une tentative grossière d’intimider les journalistes grâce à une armée qui ne semble pas supporter la moindre critique. Par crainte que ses actions dans le nord du Myanmar, où elle est accusée de crimes de guerre, soient examinées, l’armée fait de son mieux pour empêcher les journalistes et les autres observateurs d’accéder à ces zones », a déclaré James Gomez.

Complément d’information

Dans un rapport publié en juin, Amnesty International a recueilli des informations sur les atteintes, certaines représentant de possibles crimes de guerre, dont sont victimes des civils de groupes ethniques minoritaires dans l’État kachin et le nord de l’État chan aux mains de la Tatmadaw.

Le rapport, intitulé “All the Civilian Suffer” : Conflict, Displacement and Abuse in Northern Myanmar, démontre que des soldats des forces armées du Myanmar sont responsables d’actes de tortures, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires et de bombardements aveugles sur des villages civils, et qu’ils ont imposé des restrictions punitives à la liberté de mouvement et à l’accès de l’aide humanitaire à ces zones.

Amnesty International a également recueilli des informations sur des violations des droits humains commises par des groupes ethniques armés actifs dans la région, notamment la TNLA, telles que des enlèvements, le recrutement forcé et la taxation forcée de civils.

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