MYANMAR : Il est temps que justice soit rendue, à l’approche du 75ème anniversaire d’un défenseur des droits humains en prison

Index AI : ASA 16/015/2005
ÉFAI
Embargo : vendredi 11 mars 2005 (00h01 TU)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

U Win Tin, plus ancien prisonnier d’opinion au Myanmar, aura soixante-quinze ans le 12 mars 2005. Depuis son arrestation en juillet 1989, il a passé plus d’un cinquième de sa vie en prison et purge actuellement une peine de vingt années d’emprisonnement.
À l’occasion de l’anniversaire de U Win Tin, Amnesty International renouvelle les appels qu’elle n’a cessé de lancer au State Peace and Development Council (SPDC, Conseil national pour la paix et le développement - gouvernement militaire du Myanmar) pour qu’il mette un terme à l’emprisonnement et au harcèlement de dissidents pacifiques et remette immédiatement en liberté, sans condition, U Win Tin et tous les autres prisonniers d’opinion.
« L’emprisonnement de U Win Tin illustre la façon dont la justice au Myanmar a été utilisée pour faire taire tous ceux qui s’élevaient pacifiquement contre le gouvernement, a déclaré Natalie Hill, directrice adjointe pour le programme Asie Pacifique. Son soixante-quinzième anniversaire nous rappelle que les conséquences à long terme des abus constatés dans l’application de la justice sont trop importantes pour rester ignorées des autorités. Les autorités doivent cesser de poursuivre ceux qui s’opposent de façon pacifique et prendre des mesures concrètes pour améliorer l’administration de la justice. »
U Win Tin a été emprisonné du fait de sa position au sein de la National League for Democracy (NLD, Ligue nationale pour la démocratie) et condamné à un certain nombre d’années supplémentaires en prison du fait de ses tentatives pour alerter les Nations unies des violations des droits humains toujours d’actualité dans les prisons du Myanmar. Il est en mauvaise santé, son état s’est aggravé encore du fait des traitements subis en détention, notamment des actes de torture, et de l’impossibilité pour lui d’avoir accès à des soins médicaux ; il est détenu dans une cellule prévue pour héberger des chiens policiers, n’a ni drap ni couverture et passe de longues périodes sans rien à manger ni à boire.
« U Win Tin attend depuis plus de quinze ans d’être libéré. Comme d’autres victimes d’abus de justice, qui n’auraient jamais dû être emprisonnées en premier lieu, il doit être libéré », a déclaré Natalie Hill.
Parmi plus de 1 300 prisonniers politiques au Myanmar, beaucoup sont des prisonniers d’opinion âgés ou infirmes, ou condamnés à des peines de prison telles qu’ils ne seront pas remis en liberté avant d’avoir atteint soixante-dix ou quatre-vingts ans. Les autorités continuent d’arrêter et de détenir au secret des militants politiques, leur refusant le droit de consulter un avocat et toute garantie d’une procédure régulière et harcèlent les anciens prisonniers politiques et les militants.
Complément d’information
Than Nyein, soixante-sept ans, membre du parlement élu de la NLD, nécessite des soins médicaux spécialisés de toute urgence pour une maladie du foie - ce qui lui aurait été refusé. Il reste en prison après avoir purgé une peine de sept années d’emprisonnement, au titre d’une loi qui autorise le maintien en détention de personnes sans inculpation ni jugement. U Saw Ne Dun, octogénaire, est en prison depuis 1991. U Tin Oo, soixante-seize ans, vice-président de la NLD, est en résidence surveillée, détenu sans inculpation ni jugement depuis le 30 mai 2003, sans possibilité de remettre en cause la légalité de la décision le concernant devant un tribunal. U Htwe Myint, ancien prisonnier d’opinion, âgé d’environ soixante-quinze ans, libéré de prison en décembre 2004, a été condamné à quinze jours d’emprisonnement pour avoir passé la nuit chez un ami sans la permission des autorités locales. Il n’aurait pas de domicile à lui après avoir passé neuf ans et demi en prison.
Des étudiants, interpellés alors qu’ils étaient âgés d’une vingtaine d’années, ont été condamnés à de lourdes peines allant jusqu’à cinquante-neuf années d’emprisonnement ; Thet Win Aung et Myo Min Zaw, par exemple, pourraient être toujours en prison lorsqu’ils seront septuagénaires ou octogénaires.
Amnesty International demande aux autorités birmanes de cesser d’arrêter des militants politiques pacifiques ; d’imposer un moratoire sur le recours aux lois relatives à la sécurité et à la censure pour poursuivre des opposants pacifiques ; de mettre un terme aux détentions au secret et à la torture et de ne plus refuser aux prisonniers une assistance juridique et des procès équitables.

Pour plus d’information concernant les appels lancés pour d’autres prisonniers au Myanmar ou pour plus d’informations sur U Win Tin, veuillez consulter le site http://web.amnesty.org/library/eng-mmr/index

Pour signer la pétition demandant la remise en liberté de U Win Tin, merci d’aller sur le site http://asiapacific.amnesty.org/apro/APROweb.nsf/turn75bip?OpenForm

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