Communiqué de presse

Myanmar. La libération de prisonniers est « dénuée de sens » lors même que la répression se poursuit

L’amnistie accordée à des milliers de prisonniers au Myanmar est en fait un geste politique vide de sens au regard des nombreux militants pacifiques qui se trouveraient toujours derrière les barreaux, a déclaré Amnesty International.

Les autorités du Myanmar ont annoncé mardi 7 octobre que 3 000 prisonniers seraient remis en liberté dans le cadre d’une amnistie, mais il semble qu’aucun prisonnier d’opinion – des militants détenus uniquement pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions – ne soit concerné par ces libérations.

« Ce n’est rien d’autre qu’un geste vide de sens de la part des autorités. Le moment choisi, à l’approche du sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) prévu au Myanmar début novembre, sent l’opportunisme politique, a déclaré Richard Bennett, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Si les autorités du Myanmar étaient sincèrement déterminées à améliorer le respect envers les droits humains, elles iraient jusqu’au bout de leur promesse et videraient les prisons du pays des dizaines de militants pacifiques qui y croupissent.

« Or, elles continuent de s’appuyer sur des lois répressives pour faire taire la dissidence et s’en prendre à ceux qui s’opposent sans violence au gouvernement. Nous continuons de recevoir des informations faisant état de défenseurs des droits humains, de défenseurs du droit à la terre, de journalistes, de militants politiques et d’autres qui sont incarcérés pour le simple fait d’avoir exprimé leurs opinions. Tant que ces détentions perdurent, les amnisties comme celle-ci ne permettront en rien d’améliorer la situation des droits humains au Myanmar. »

Complément d’information

Le 15 juillet 2013, le président Thein Sein, prenant la parole devant l’institut de politique indépendant Chatham House, à Londres, s’est engagé publiquement à ce qu’il n’y ait plus de prisonniers d’opinion au Myanmar à la fin de l’année. Malgré une série d’amnisties et de grâces présidentielles, des prisonniers d’opinion étaient toujours derrière les barreaux fin 2013, et en 2014 de nouveaux prisonniers d’opinion – pour la plupart des défenseurs des droits humains, des journalistes et des défenseurs du droit à la terre et de l’environnement – ont été incarcérés.

Parmi les prisonniers d’opinion incarcérés au Myanmar en 2014 figure Ko Htin Kyaw, dirigeant du Mouvement pour la force actuelle de la démocratie (MDCF), une organisation locale, qui purge une peine de 11 ans et quatre mois d’emprisonnement pour avoir pris part à une série de manifestations pacifiques, prononcé un discours et distribué des prospectus critiquant le gouvernement. En outre, le leader local U Sein Than a été incarcéré pour avoir exercé sans violence son droit à la liberté d’expression. Il purge désormais deux ans d’emprisonnement, uniquement pour avoir manifesté sans violence contre des confiscations présumées de terres.

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