MYANMAR. Les dirigeants de l’ANASE doivent prendre des mesures face au bilan alarmant du Myanmar en matière de droits humains

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI
Embargo : 7 avril 2010, 17h01 TU (8 avril 2010, 00h01 TU+7)

Le bilan alarmant du Myanmar en termes de droits humains constitue une grave violation de la Charte de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et doit figurer en tête des priorités des États d’Asie du Sud-Est qui assisteront au sommet de l’Association prévu à Hanoï le 8 avril, a déclaré Amnesty International ce mercredi 7 avril 2010.

« Il est clair que le Myanmar bafoue gravement et systématiquement les dispositions relatives aux droits humains inscrites dans la Charte de l’ANASE. Il est désormais du ressort de ce sommet, sous la nouvelle présidence du Viêt-Nam, de remédier de toute urgence à cette situation, a indiqué Donna Guest, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Les 10 États membres de l’ANASE doivent continuer à faire pression sur le Myanmar pour qu’il mette fin à la répression croissante ciblant les militants, notamment issus des importantes minorités ethniques du pays. »

L’ANASE a exhorté la junte militaire au pouvoir au Myanmar à libérer Aung San Suu Kyi et tous les autres prisonniers politiques et à garantir des élections libres, équitables et ouvertes en 2010.

Le gouvernement du Myanmar a récemment promulgué des lois électorales interdisant à des centaines de milliers de personnes, dont au moins 2 200 prisonniers politiques, de participer véritablement au scrutin. En outre, la répression politique généralisée et les conflits armés se poursuivent à l’approche des élections.

« La réputation de l’ANASE en tant que forum régional d’importance pâtira si elle n’invite pas le Myanmar à respecter la liberté d’expression, de réunion et d’association à la veille de l’élection », a expliqué Donna Guest.

Les nouvelles lois électorales très restrictives au Myanmar ont attiré les critiques des gouvernements indonésien et philippin. En outre, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), principal parti d’opposition dirigé par Aung San Suu Kyi, a décidé de boycotter les élections.

« L’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande, Singapour et la Malaisie doivent profiter de ce sommet pour demander une nouvelle fois au Myanmar d’améliorer son bilan en termes de droits humains, a poursuivi Donna Guest. La déclaration finale du sommet de l’ANASE doit condamner vigoureusement ce bilan. »

Pour donner du poids à ses déclarations sur le Myanmar, l’ANASE doit s’attaquer aux crises relatives aux droits humains que connaissent ses États membres, notamment en donnant les moyens à sa nouvelle Commission intergouvernementale des droits humains de faire face aux violations des droits individuels.

Contexte
L’Indonésie, le Cambodge, Brunei, le Laos, la Malaisie, le Viêt-Nam, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Myanmar sont membres de l’ANASE, fondée en 1967.

L’article 20(4) de la Charte de l’ANASE énonce qu’en cas de violation grave ou de non-respect de la Charte, la question sera portée devant le sommet de l’ANASE en vue de prendre une décision.

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