MYANMAR : Libération de prisonniers d’opinion

Vendredi 19 novembre 2004

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International salue la remise en liberté d’au moins vingt
prisonniers politiques au Myanmar ce vendredi 20 novembre 2004. Les
autorités birmanes ont annoncé hier vouloir libérer 3 937 prisonniers, après
avoir découvert « une qualification impropre » des actes invoqués pour les
incarcérer.

« Amnesty International se réjouit d’apprendre que des prisonniers d’opinion
ont été libérés. Nous applaudissons cette décision du gouvernement birman et
sa reconnaissance implicite que ces personnes n’auraient jamais dû être
incarcérées en premier lieu, a déclaré Natalie Hill, directrice adjointe
pour l’Asie à Amnesty International. Nous demandons instamment au
gouvernement de poursuivre sur cette lancée et de libérer tous les
prisonniers d’opinion. »

Ko Khun Sai, également connu sous le nom de Myo Htun, prisonnier d’opinion,
fait partie des personnes libérées. L’ancien militant étudiant avait été
condamné en février 1998 pour avoir aidé à écrire une histoire étudiante ;
il a également purgé deux autres peines d’emprisonnement pour ses activités
politiques.

Amnesty International appelle le State Peace and Development Council (SPDC,
Conseil national pour la paix et le développement) à remettre en liberté
sans condition tous les prisonniers d’opinion - quelle que soit leur
allégeance politique - y compris les journalistes, dirigeants étudiants,
religieuses, enseignants, avocats, étudiants, moines et agriculteurs. Ces
hommes et ces femmes ont passé des années en prison, à l’issue de procès
inéquitables, pour avoir pacifiquement exprimé leur différence d’opinion par
des actions ne pouvant être qualifiées d’infraction au regard du droit
international ; ils ont été soumis à des actes de torture et autres
traitements cruels, inhumains ou dégradants.

L’organisation demande aux autorités de protéger les personnes de tout
emprisonnement injustifié à l’avenir, en abrogeant ou en amendant les lois
qui ont été utilisées dans le passé pour poursuivre des personnes en raison
de leurs activités politiques pacifiques. Le SPDC doit également veiller à
ce que tous les procès se déroulent dans le respect des règles
internationales d’équité. Les lois, une fois amendées, devront respecter les
libertés et droits fondamentaux des personnes, notamment le droit à la
liberté d’expression, d’association et de réunion, le droit à un procès
équitable et le droit à la présomption d’innocence jusqu’à ce que les
preuves de la culpabilité aient été établies.

Complément d’information

Amnesty International lance un appel en faveur notamment de la libération de
U Win Tin, soixante-quatorze ans, emprisonné depuis 1989, de Paw U Tun,
également connu sous le nom de Min Ko Naing et de Ko Ko Gyi, dirigeants
étudiants emprisonnés depuis 1989, de U Win Htein, conseiller de la National
League for Democracy (NLD, Ligue nationale pour la démocratie), en prison
depuis 1996, ainsi que de Daw Aung San Suu Kyi et U Tin Oo, secrétaire
générale et vice-président de la NLD, actuellement assignés à résidence.

Parmi les personnes libérées ce vendredi 19 novembre se trouvent des membres
du parti d’opposition et des députés élus de la Ligue nationale pour la
démocratie, ainsi que des membres du Democratic Party for a New Society
(DPNS, Parti démocratique pour une société nouvelle), qui avaient été
arrêtés dans le cadre des manifestations organisées en 1998 pour réclamer
que se réunisse le parlement. Parmi les personnes libérées figurent des
prisonniers restés en détention après la fin de leur peine, au titre d’une
loi qui autorise la détention sans inculpation ni jugement, ainsi que des
personnes condamnées pour des raisons de sécurité, ou au titre de lois dont
les termes vagues ont facilité depuis des années la mise en détention de
personnes uniquement en raison de leurs activités politiques pacifiques.
Amnesty International demande instamment aux autorités d’abroger ou
d’amender ces lois, notamment la Loi relative à la protection de l’État de
1975 (1975 State Protection Law), la Loi relative à la presse et aux
publications de 1962 (1962 Press and Publication Law), la Législation
d’exception de 1950 (1950 Emergency Provisions Act) et la Loi relative aux
associations illégales (Unlawful Associations Act).

Des prisonniers politiques, en nombre significatif, ont été libérés par les
autorités du Myanmar lors d’amnisties en 1992 et en 1995. Un certain nombre
d’entre eux, notamment parmi ceux qui se trouvent actuellement en prison,
ont été arrêtés de nouveau par la suite pour n’avoir pas respecté les termes
de leur libération en s’engageant à nouveau dans des activités politiques
pacifiques. Ils ont été condamnés à purger le reste de la peine qui avait
été prononcée contre eux à l’origine.

Les biographies de certains des prisonniers libérés sont disponibles sur
demande.

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