Nations unies : Amnesty International exhorte les États à agir au sujet des disparitions forcées

Les gouvernements du monde entier doivent redoubler d’efforts afin d’en finir avec les disparitions forcées, a déclaré Amnesty International vendredi 4 novembre lors d’une réunion d’experts internationaux sur ce fléau.

Le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées se réunira pour la première fois du 8 au 11 novembre, à Genève, près d’un an après l’entrée en vigueur du traité international contre cette pratique.

« Les disparitions forcées sont parmi les violations des droits humains les plus cruelles et déshumanisantes. La séparation et le silence qui les accompagnent continuent à déchirer des familles et des communautés dans de nombreux pays », a rappelé Michael Bochenek, directeur du programme Droit et politique d’Amnesty International.

« L’ensemble des États doivent adhérer à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées et adopter des lois nationales efficaces dans le but d’abolir cette pratique. »

Une personne est victime de disparition forcée lorsqu’elle est emmenée et que le sort qui lui est réservé et le lieu où elle se trouve ne sont pas révélés. Cela affecte non seulement les victimes, mais également leur famille et leurs amis, qui sont systématiquement privés d’informations sur le « disparu ».

Cela s’accompagne souvent du refus des autorités de reconnaître qu’elles maintiennent un individu en détention, ainsi que d’incertitudes persistantes pour la famille et les amis, qui ignorent si leur proche a été torturé, agressé sexuellement ou tué en détention.

Dans de nombreux pays, Amnesty International a recensé des exemples des manœuvres de harcèlement, des mauvais traitements et des actes d’intimidation dont sont régulièrement victimes les parents cherchant à obtenir des réponses sur ce qui est advenu d’une personne « disparue ».

L’Allemagne nazie d’Adolf Hitler a été la première à recourir systématiquement à cette pratique, dont usent désormais des gouvernements répressifs et des groupes armés dans des dizaines de pays. Elle a été ainsi utilisée par les dictatures d’Amérique latine à compter des années 50, lors du long conflit armé interne au Sri Lanka, au Pakistan au nom de la lutte antiterroriste depuis 2001 et par des gouvernements autocratiques du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Au fil des décennies, des centaines de milliers de personnes ont été victimes de disparition forcée, tandis que les responsables continuent à bénéficier d’une relative impunité.

Une campagne menée par plusieurs gouvernements, au côté de familles de personnes « disparues » et de la société civile mondiale, a cependant débouché sur la signature d’une Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, en 2007. Le traité est entré en vigueur en décembre dernier, après sa ratification par 20 États.

Des chargés d’action de la Coalition internationale contre les disparitions forcées, qui regroupe des dizaines d’organisations non gouvernementales travaillant sur la question, se rassembleront lors de la réunion aux Nations unies afin d’élaborer des stratégies visant à renforcer la portée du traité.

La publication d’Amnesty International intitulée No Impunity for Enforced Disappearances comporte des commentaires juridiques complets décrivant les obligations des États en vertu du traité et proposant des conseils pour son application à l’échelon national.

« Une fois qu’ils se sont engagés à mettre fin aux disparitions forcées, les États doivent poursuivre sur cette voie, non seulement en ratifiant le traité mais également en faisant appliquer des lois nationales fortes qui soient conformes aux dispositions de ce texte et aux meilleures pratiques en matière de droit international », a ajouté Michael Bochenek.

Quelque 90 pays ont signé la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées mais, à ce jour, seulement 30 l’ont ratifiée.

Amnesty International et d’autres membres de la Coalition internationale contre les disparitions forcées continueront à exhorter l’ensemble des gouvernements à devenir parties au traité et à le mettre en œuvre, et à accorder justice, vérité et réparations aux victimes de disparitions forcées et à leur famille.

Les États suivants ont signé et ratifié la Convention : l’Albanie, l’Allemagne, l’Argentine, l’Arménie, la Belgique, la Bolivie, le Brésil, le Burkina Faso, le Chili, Cuba, l’Équateur, l’Espagne, la France, le Gabon, le Honduras, l’Irak, le Japon, le Kazakhstan, le Mali, le Mexique, le Monténégro, le Nigeria, le Panama, le Paraguay, les Pays-Bas, le Sénégal, la Serbie, la Tunisie, l’Uruguay et la Zambie.

 Lien vers la Convention

 Lien vers une action d’Amnesty International sur les disparitions forcées au Pakistan

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