NÉPAL - Augmentation des atteintes aux droits humains sous l’état d’urgence

Index AI : ASA 31/037/2005
Mercredi 20 avril 2005

Aujourd’hui, 20 avril 2005, Amnesty International a exprimé son inquiétude au sujet des atteintes de plus en plus fréquentes aux droits humains commises tant par les forces de sécurité népalaises que par les rebelles maoïstes depuis la déclaration de l’état d’urgence par le roi Gyanendra le 1er février 2005. L’organisation a souligné que le gouvernement népalais doit restaurer immédiatement et dans leur totalité les droits et les libertés du peuple népalais. Elle a également appelé les deux parties en conflit à mettre fin à l’impunité.

Dans le rapport intitulé Nepal:Human rights abuses escalate under the state of emergency (index AI : ASA 31/036/2005) publié aujourd’hui, Amnesty International décrit quelques-unes des plus graves atteintes aux droits humains commises depuis le 1er février 2005.
Ce rapport montre que depuis deux mois et demi les droits fondamentaux restent suspendus, que la censure de la presse perdure et qu’il y a eu des milliers d’arrestations à caractère politique. Au vu de cette situation, il conteste l’affirmation du gouvernement selon laquelle l’application de l’état d’urgence est moins rigoureuse.

Ce rapport souligne que les protections légales contre les atteintes aux droits humains ont virtuellement disparu depuis la déclaration de l’état d’urgence. Il montre également que l’indépendance de la magistrature et de la Commission nationale des droits humains sont remises en question du fait des pressions qui s’exercent sur ces institutions pour qu’elles soutiennent l’état d’urgence décrété par le roi le 1er février 2005.

« Les défenseurs des droits humains doivent être autorisés à poursuivre leur travail sans être ni harcelés ni menacés. Toutes les restrictions apportées aux investigations et à la diffusion d’informations sur la situation des droits humains au Népal doivent être levées afin que le peuple népalais et le reste du monde soient informés », a déclaré Purna Sen, directrice du programme Asie d’Amnesty International en soulignant les graves menaces qui pèsent sur les défenseurs des droits humains au Népal.

Contestant la déclaration faite en mars 2005 à Genève par le ministre népalais des Affaires étrangères, Ramesh Nath Pandey, selon laquelle l’état d’urgence allait apporter « la stabilité et la sécurité », le rapport d’Amnesty International met en lumière la récente hausse de la violence et le grand nombre de victimes, notamment parmi les civils. L’organisation a aussi exprimé son inquiétude quant à l’apparition de violences commises lors de rassemblements - apparemment avec le soutien de l’État - qui contribue à répandre la terreur dans la population.

Accueillant favorablement l’accord obtenu la semaine dernière par le Haut Commissariat aux droits de l’homme lors de la session de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, Purna Sen a conclu : « C’est une étape vers l’amélioration de l’effroyable situation des droits humains endurée aujourd’hui par le peuple népalais. Mais la communauté internationale ne peut s’en satisfaire. Le monde doit continuer à faire preuve de vigilance au sujet de l’état inquiétant des droits humains au Népal et veiller à ce que les engagements de ces dernières semaines soient tenus. »

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