Népal : La loi relative au droit à l’alimentation doit être renforcée et appliquée

Le Népal doit renforcer et faire respecter sa nouvelle loi sur le droit à l’alimentation pour que les autorités népalaises puissent honorer l’engagement qu’elles ont pris de débarrasser le pays de la faim, de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire, a déclaré Amnesty International jeudi 4 avril.

Le manque de nourriture a été l’une des causes du conflit interne qui a déchiré le Népal pendant dix ans, et la faim est toujours un problème dans le pays aujourd’hui. Près de la moitié des ménages népalais sont confrontés à l’insécurité alimentaire, et un dixième sont confrontés à une « insécurité alimentaire grave ». Plus de la moitié des enfants âgés de moins de cinq ans sont anémiques, et plus d’un tiers d’entre eux souffrent de retards de croissance.

En faisant entrer en vigueur en décembre dernier la Loi de 2018 sur le droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire, le gouvernement du Népal a franchi une étape importante vers l’objectif de « réduire la faim à zéro » en 2025.

Cependant, comme le souligne le rapport d’Amnesty International intitulé Right to Food in Nepal : Analysis of the Right to Food and Food Sovereignty Act, pour être efficace cette loi doit être modifiée. Et pour que la loi soit réellement appliquée, des règles et des procédures doivent être créées.

« Si le gouvernement du Népal veut vraiment faire en sorte que plus personne n’ait faim dans le pays, il doit renforcer cette loi, et des règles et des procédures doivent être élaborées pour faire en sorte que le droit à l’alimentation soit une réalité pour tous les habitants du pays, a déclaré Biraj Patnaik, directeur d’Amnesty International pour l’Asie du Sud.

La loi doit être modifiée pour en définir clairement les termes et éviter ainsi toute confusion et mauvaise interprétation susceptible d’amoindrir son efficacité. Par exemple, dans sa forme actuelle la loi n’établit pas clairement ce qui relève de la « faim » et ce qui relève de la « famine ».

Le gouvernement du Népal doit aussi prendre des mesures pour interdire aux autorités publiques de freiner les efforts de la population pour se nourrir par elle-même. Ceci signifie qu’il faut cesser d’expulser des personnes de leurs terres ; il faut les autoriser à pêcher, et à aller chercher dans la forêt ce dont elles ont besoin. Dans sa forme actuelle, la loi ne protège pas les personnes qui font cela.

Amnesty International recommande également que la loi prévoit précisément comment le gouvernement fera face à une menace de famine, notamment en fournissant immédiatement de la nourriture et des soutiens nutritionnels. Par ailleurs, des enquêtes doivent être menées sur toute mort provoquée par la faim.

Amnesty International suggère aussi qu’un accès aux terres cultivables soit donné aux personnes marginalisées comme les Dalits et les populations autochtones dépendantes de la terre, parmi lesquelles le peuple des Tharus.

Le rapport recommande que des conseils spécifiques pour l’alimentation soient créés dans tout le pays aux niveaux local, provincial et national. Ces conseils, ou « organes relais », devraient être habilités à conseiller le gouvernement, et devraient être créés sans tarder pour veiller à la mise en application de la Loi.

« Les autorités ont l’obligation de protéger la population contre la malnutrition sous toutes ses formes. Sans renforcement de la Loi sur le droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire ni véritable consultation des personnes concernées, le Népal ne sera pas en mesure de sortir de la malnutrition les deux millions de personnes qui, selon les estimations, en sont atteintes », a conclu Biraj Patnaik.

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