NÉPAL - Une escalade de la violence est à craindre

Index AI : ASA 31/018/2006

Amnesty International a appelé ce lundi 10 avril 2006 le gouvernement népalais à contenir les forces de sécurité par crainte d’une escalade de la violence dans les prochains jours.

« Plutôt que de justifier le recours à une force excessive, le gouvernement devrait faire en sorte que la police et l’armée agissent dans le cadre de la loi pour protéger la vie des citoyens, a déclaré Purna Sen, directrice du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International. Interdire les manifestations pacifiques, décréter des couvre-feux et procéder à l’arrestation arbitraire de centaines de personnes ne font qu’enflammer une situation déjà explosive. »

Pendant le week-end du 8 et 9 avril 2006, trois personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées par les forces de l’ordre lors d’opérations de contrôle de manifestations, parfois violentes ; le ministre de l’Intérieur a fait comprendre à demi-mot que le gouvernement pourrait engager une action plus musclée contre les manifestants.

Des observateurs ont constaté que le nombre de manifestants et de membres des forces de sécurité présents dans les rues augmentait et que les deux parties avaient de plus en plus recours à la violence. Si de nombreuses manifestations ont eu lieu pacifiquement dans tout le Népal au cours des derniers jours, d’autres ont donné lieu à des agressions imputables à des manifestants dont certains ont jeté des pierres, des briques, des bouteilles et d’autres projectiles sur les forces de sécurité.

Lors d’une conférence de presse le 9 avril, le ministre de l’Intérieur a déclaré sous le ton de la menace : « Le gouvernement a fait preuve de modération jusqu’à présent mais à partir de maintenant, nous ne nous contenterons plus d’être de simples spectateurs ».

Les forces de sécurité gouvernementales n’ont pourtant pas fait preuve de modération ni joué le rôle de « simples spectateurs ». Des membres des forces de l’ordre ont été vus en train de frapper à coups de poing et de pied des protestataires ou de jeter des pierres dans leur direction. Dans de nombreux cas, les forces de sécurité ont continué à frapper et brutaliser des manifestants qu’ils avaient déjà immobilisés. Selon des journalistes et des défenseurs des droits humains locaux, certaines des personnes emmenées en garde à vue étaient grièvement blessées. Des observateurs ont également indiqué que des membres des forces de l’ordre à Katmandou étaient entrés dans des domiciles privés situés dans les zones de rassemblements et qu’ils avaient détruit des biens, agressé des habitants et arrêté certains d’entre eux.

« Le gouvernement doit immédiatement ordonner l’ouverture d’enquêtes impartiales sur les allégations d’utilisation abusive de la force ou d’armes à feu par les forces de sécurité, a insisté Purna Sen. Les victimes et leur famille ont droit à la justice et à des réparations. »

Des représentants de partis politiques estiment que plus de 1 000 personnes ont été arrêtées au cours de la semaine qui vient de s’écouler. L’alliance de sept partis qui a lancé le mouvement de protestation a décidé de poursuivre les manifestations bien que le gouvernement ait menacé de prendre de nouvelles mesures pour mettre fin aux rassemblements.

Amnesty International a demandé à plusieurs reprises au gouvernement de respecter le droit à la protestation politique pacifique.

Selon des journalistes et militants des droits humains locaux, le gouvernement a réduit le nombre de laissez-passer délivrés afin de rendre moins visibles les opérations de la police pendant les manifestations. Des militants des droits humains ayant tenté d’intervenir face à des brutalités policières ont été à leur tour victimes d’assauts et de harcèlement.

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