Nicaragua. Interdiction totale de l’avortement – Témoignages

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI
lundi 27 juillet 2009, 17h01 TU

M. avait dix-sept ans lorsqu’elle a été violée brutalement par un proche
« Je suis allée dans ma chambre chercher du linge à laver, il est entré de force et m’a violée trois fois. En même temps, il disait qu’il allait me tuer, ainsi que ma mère. Je pleurais et je le suppliais… Il a dégainé son arme et j’étais terrifiée, terrorisée. Il m’a ordonné de me tenir tranquille…

J’en ai parlé six mois plus tard parce que je n’avais pas eu mes règles et que je ne supportais plus de garder le silence. On m’avait fait l’injection contraceptive, mais je ne sais pas ce qui s’est passé, je ne pensais pas que je pouvais être enceinte, je croyais plutôt que je n’avais pas eu mes règles à cause de la brutalité avec laquelle il m’avait violée…

Après m’avoir examinée, le médecin m’a annoncé que j’étais enceinte. Je me suis mise à pleurer, à pleurer, et elle m’a demandé : « Que se passe-t-il, mais que se passe-t-il ? » J’étais incapable de lui répondre.

Un peu plus tard, j’ai failli mourir de pré-éclampsie, j’ai passé plus d’une semaine à l’hôpital. Finalement, les médecins ont décidé de m’opérer et de me faire une césarienne…

J’ai eu envie de mettre fin à mes jours plusieurs fois. Le procès a été un cauchemar qui a duré dix mois. Il m’a fallu le revoir et à chaque fois c’était comme si je revivais ce qui s’était passé, encore et encore. J’avais l’impression de mourir à petit feu, à très petit feu… Lorsque l’action en justice a tourné court, j’étais hystérique...

En plus de tout cela, j’ai eu un bébé de lui, et j’ai dû l’accepter. Mes rêves et mes espoirs ont été réduits à néant … Je voulais avoir un travail à l’extérieur, mais je passe toutes mes journées à la maison, à m’occuper du bébé... Je ne peux même pas dormir et je ne me sens absolument pas en sécurité. La plupart de mes journées sont un vrai cauchemar, c’est très dur de continuer et je me sens très triste et fatiguée. Je n’arrête pas de me demander pourquoi cela m’est arrivé à moi. »

Le docteur « G. », gynécologue, parle de sa patiente « A », vingt-huit ans et mère de quatre enfants
« A » souffrait d’un cancer avancé du col de l’utérus, alors qu’elle était enceinte de moins de 20 semaines. Elle devait être soignée de toute urgence pour ce cancer et il était impératif que son traitement commence le plus tôt possible. Malheureusement, le traitement requis, recommandé d’un point de vue médical, n’était pas compatible avec la grossesse. « A » a été informée des différentes options et avertie que, pour avoir les meilleures chances de survivre, elle devait interrompre sa grossesse et démarrer le traitement… Elle a opté pour les soins qui pouvaient lui sauver la vie, au risque de se voir infliger une sanction pénale, mais en étant très consciente de ses obligations vis-à-vis de ses quatre enfants...

Parfaitement conscient du fait que la nouvelle loi au Nicaragua n’autorise aucune exception, le médecin qui suivait « A » était très inquiet du fait que son traitement allait bafouer le Code pénal. Mais il a assumé ces risques, mettant en péril sa carrière, sa réputation et sa liberté, pour prodiguer les soins dont sa patiente avait besoin pour optimiser ses chances de survie.

Vous pouvez consulter le document intitulé The total abortion ban in Nicaragua : Women’s lives and health endangered, medical professionals criminalized, en cliquant sur : www.amnesty.org.

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