Nicaragua : Le gouvernement continue de violer le droit à la liberté de la presse

À l’approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse, et plus d’un an après le lancement par le gouvernement du Nicaragua de sa stratégie de répression des manifestations qui ont débuté le 18 avril 2018 :

 « Il est consternant de constater que les autorités nicaraguayennes continuent de réprimer la presse et de violer son droit d’informer le public. Ces dernières années, de courageux et courageuses journalistes et professionnel·le·s des médias ont été attaqués alors qu’ils couvraient des manifestations, et harcelés et persécutés pour avoir fait leur travail et exercé leur droit à la liberté d’expression. Certains d’entre eux, comme Lucía Pineda et Miguel Mora de la chaîne d’information indépendante 100% Noticias, ont été arrêtés et sont toujours incarcérés. Plus de 70 journalistes et professionnels des médias ont été forcés de quitter le pays, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

 
« Amnesty International continue de recevoir des informations signalant des attaques visant la presse et des manœuvres de harcèlement exercées contre des journalistes. Les autorités doivent immédiatement remettre en liberté les journalistes qui ont été placés en détention uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté de la presse, et mettre fin aux mesures visant à réduire au silence les médias indépendants. Elles doivent mener immédiatement une enquête impartiale et indépendante sur toutes les attaques commises contre la presse et veiller à ce que les responsables de ces attaques soient identifiés et à ce que les victimes reçoivent réparation. »
 

Complément d’information

Le 18 avril 2018, une série de réformes de la sécurité sociale a déclenché un mouvement de contestation sociale à travers tout le Nicaragua. Face à ces manifestations, le gouvernement nicaraguayen a adopté une stratégie de répression violente. Depuis, au moins 325 personnes ont été tuées, principalement par les forces de sécurité et des groupes armés progouvernementaux, plus de 2 000 ont été blessées, des centaines détenues de manière arbitraire et des dizaines de milliers contraintes de fuir vers le Costa Rica.
 
Amnesty International a reçu des informations signalant que des médias et des journalistes ayant critiqué le gouvernement de Daniel Ortega ont été attaqués. Au début de cette crise, le 21 avril 2018, le reporter nicaraguayen Ángel Gahona a été tué par balle à Bluefields alors qu’il couvrait les manifestations. Neuf autres journalistes ont été blessés le même jour. Par la suite, le 30 mai, pendant la Marche des mères, les locaux de Canal 100% Noticias à Managua et de Radio Darío à León ont été attaqués.
 
Le 13 décembre, la police nationale a effectué une descente dans les bureaux du journal électronique El Confidencial et des programmes de télévision Esta Noche et Esta Semana, connus tous les trois pour leur journalisme d’enquête critique.
 
Le 21 décembre, deux journalistes de 100% Noticias, Lucía Pineda Ubau et Miguel Mora, ont été arrêtés et accusés d’« incitation et conspiration en vue de commettre des actes de terrorisme et incitation à commettre des crimes motivés par la haine ». Le personnel de 100% Noticias, dont son directeur, Miguel Mora, avait auparavant dénoncé des menaces, des manœuvres de harcèlement et des persécutions exercées par les autorités nicaraguayennes et par des partisans du gouvernement.
 
Par ailleurs, des informations font constamment état de manœuvres de harcèlement exercées contre des journalistes et des responsables d’organes de presse, par exemple à La Prensa, à Radio Darío, à Radio Mi Voz et à Canal 12.
 

Pour en savoir plus :

Nicaragua : Un an après le début de la crise, le gouvernement mène toujours une politique de répression (Nouvelle, 25 avril 2019)
 
Nicaragua : instilling terror : from lethal force to persecution in Nicaragua(Rapport, 18 octobre 2018)
 
Shoot to kill : Nicaragua’s strategy to repress protest (Rapport, 29 mai 2018)

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