Communiqué de presse

Nigeria. Des groupes armés ont visé des civils lors des récents attentats à la bombe

Les groupes armés nigérians doivent cesser d’attaquer des civils, a déclaré Amnesty International lundi 27 mai, après le décès de 30 personnes dans un attentat à la bombe attribué à la secte religieuse Boko Haram.

Dimanche 26 juin, des motards ont lancé des bombes dans un café en plein air de Maiduguri, une ville de l’État de Borno (nord-est du pays), avant de tirer sur la foule. Ils ont fait 30 victimes. Lundi 27 juin, plusieurs personnes ont été blessées dans un nouvel attentat à la bombe, qui serait également le fait de Boko Haram.

Ces événements sont les derniers en date d’une série d’attentats contre des civils qui ont été attribués à Boko Haram, un groupe armé qui tente d’instaurer la charia (droit islamique) dans certaines régions du Nigeria.

« Ces homicides sont gratuits et scandaleux. Les attaques visant directement des civils sont interdites par le droit international et mettent en évidence un mépris total du droit à la vie, a indiqué Tawanda Hondora, directeur adjoint d’Amnesty International pour l’Afrique.

« Boko Haram doit faire cesser le règne de la terreur dans le pays. Aucune cause ne peut justifier que l’on s’en prenne délibérément à des civils. »

Boko Haram a revendiqué une série d’attentats à la bombe qui ont frappé tout le Nigeria depuis le milieu de l’année 2010. Ces dernières semaines, des dizaines de personnes ont été tuées dans les attaques menées par ce groupe. Le 16 juin, une église a été la cible d’un attentat orchestré, semble-t-il, par Boko Haram. Trois enfants ont trouvé la mort dans l’explosion. Le groupe a également attaqué des religieux musulmans qui l’avaient critiqué. Auparavant, il s’en prenait à la police et aux autres instances gouvernementales.

En réaction à cela, les forces de sécurité ont procédé à des arrestations en masse, torturé des suspects et détenu des personnes sans inculpation ni jugement pendant de longues périodes.

Amnesty International appelle le gouvernement nigérian à renforcer la protection des habitants du nord-est et à faire respecter l’état de droit.

« Le gouvernement nigérian ne peut ramener la sécurité qu’en investissant lourdement dans la réforme du système judiciaire afin que les auteurs présumés de ces attentats et d’autres violations des droits humains fassent l’objet d’une enquête en bonne et due forme, soient arrêtés, poursuivis et jugés équitablement, sans encourir la peine de mort. »

Le système pénal nigérian est, au mieux, défaillant et soumet des milliers de personnes à des violations des droits humains, notamment des actes de torture, des disparitions forcées, des exécutions extrajudiciaires et des procès iniques. Des membres présumés de Boko Haram ont déjà été interpellés à l’occasion de rafles mais n’ont pas été jugés, notamment parce qu’aucun véritable travail de police n’a été effectué en vue de recueillir des preuves.

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