Nigeria. Disparitions forcées à Port Harcourt

Déclaration publique

Index AI : AFR 44/012/2009

Amnesty International, l’Institut des droits de l’homme de l’Association du Barreau nigérian (NBAHR) et plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) nigérianes s’inquiètent pour la sécurité de Chiba Ibeku, arrêté le 7 avril 2009 par des policiers nigérians puis détenu par la Brigade d’intervention rapide (Swift Operation Squad, SOS) au centre Old GRA à Port Harcourt, dans l’État de Rivers. On ignore tout de son sort ainsi que de celui de trois autres hommes. Les organisations signataires craignent que les quatre hommes n’aient été torturés et exécutés.

Les organisations appellent les forces de police nigérianes à confirmer publiquement l’arrestation et la détention de Chiba Ibeku et à communiquer immédiatement des informations sur son sort.

Chiba Ibeku aurait été membre des Deewell, un gang criminel. Selon la famille de Chiba Ibeku, il aurait remis ses armes à la police après que l’annonce eut été faite d’une amnistie pour les activistes du delta du Niger. Le 7 avril 2009, il a été arrêté et placé en garde à vue au poste de police d’Omoko.

Des membres de sa famille l’ont vu pour la dernière fois le matin du mercredi 8 avril 2009. Chiba Ibeku a ensuite été emmené au centre Old GRA de la Brigade d’intervention rapide (SOS) à Port Harcourt, dans l’État de Rivers. Le jeudi 9 avril, des policiers de la Brigade d’intervention rapide ont confirmé à la famille de Chiba Ibeku que celui-ci avait été arrêté et se trouvait au centre de détention de la SOS ; toutefois, ni les membres de sa famille ni ses avocats n’ont été autorisés à le rencontrer. Le dimanche 12 avril 2009, les policiers du centre de détention de la SOS ont nié savoir où se trouvait Chiba Ibeku.

Le refus des autorités policières de communiquer quelque information que ce soit sur le sort de Chiba Ibeku est profondément préoccupant. Les organisations s’inquiètent notamment en raison du passé du Nigeria en matière d’exécutions extrajudiciaires, actes de torture et autres mauvais traitements. Les organisations craignent que Chiba Ibeku et les trois autres hommes ne soient victimes de disparitions forcées.

Complément d’information

Les disparitions forcées constituent des crimes de droit international. Les disparitions forcées constituent une violation des obligations constitutionnelles et internationales du Nigeria en matière de droits humains, notamment du droit à la sécurité et à la dignité des personnes, du droit de ne pas être soumis à des actes de torture ou autres traitements cruels, inhumains et dégradants, du droit d’être détenu dans des conditions humaines, du droit à la personnalité morale, du droit à un procès équitable et, lorsqu‘une personne « disparue » est tuée, du droit à la vie.

On entend par « disparition forcée » l’arrestation, la détention, l’enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l’État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l’autorisation, l’appui ou l’acquiescement de l’État, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi.

Signataires :

Access to Justice

Amnesty International

Bodo Youth Federation

Centre for Development, Constitutionalism and Peace Advocacy (CD-COPA)

Centre pour l’environnement, les droits de la personne et le développement (CEHRD)

Centre for the Rule of Law

Comité nigérian de défense des droits humains (CDHR)

Civil Society Legislative Advocacy Centre (CISLAC)

Centre d’éducation à l’application des lois (CLEEN)

Organisation des libertés publiques (CLO)

Projet de défense des droits constitutionnels

Human Rights, Justice and Peace Foundation

HURILAWS (HRLS), service juridique spécialisé en droits humains

Journalists Committee for Media Rights and Democracy (JCMRD)

Projet de défense et d’assistance juridique (LEDAP)

Institut des droits de l’homme de l’Association du Barreau nigérian

Mouvement humaniste nigérian

Partenariat pour la Justice

Action pour la réinsertion et l’accompagnement social des prisonniers (PRAWA)

Rivers Coalition

Socio-Economic Rights & Accountability Project (SERAP)

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