Nigeria. Il faut mener une enquête sur les tirs qui ont eu lieu à Bundu

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

11 octobre 2010

Le gouvernement nigérian doit mettre sur pied une commission d’enquête indépendante chargée d’enquêter sur l’usage d’armes à feu par les forces de sécurité qui a fait au moins un mort et 12 blessés graves à Bundu en 2009, a écrit Amnesty International dans le rapport qu’elle publie ce lundi 11 octobre 2010.

Ce rapport, intitulé Port Harcourt Demolitions : Excessive Use of Force Against Demonstrators, révèle que, le 12 octobre 2009, des membres armés des forces de sécurité ont ouvert le feu sur la foule qui protestait pacifiquement contre le projet de démolition d’habitations du quartier de Bundu, situé au bord de l’eau à Port Harcourt, au Nigeria.

« Le recours excessif à la force constaté en cette occasion à Bundu ne fait qu’illustrer la brutalité avec laquelle les policiers et les militaires opèrent habituellement dans tout le pays, a indiqué Lucy Freeman, chercheuse sur le Nigeria à Amnesty International. Mais rares sont ceux qui sont amenés à rendre compte de leurs actes et, dans la plupart des cas, aucune enquête n’est diligentée. »

Le rapport de 18 pages présente des témoignages directs de victimes des tirs qui ont eu lieu à Bundu et de femmes qui ont été victimes d’intimidations et frappées par les forces de sécurité.

« Les soldats ont recommencé à tirer, mais cette fois-ci, ils ont tiré sur la foule. J’ai reçu une balle à la cuisse gauche, raconte Tamuno Tonye Ama, 34 ans. Nous avons tenté de nous enfuir, mais nous n’avions nulle part où nous cacher. Les soldats ont continué à tirer […] et ils ont chargé la foule. Les gens se sont mis à courir dans tous les sens. »

Selon les preuves manifestes recueillies par Amnesty International, les forces de sécurité ont ouvert le feu et blessé par balle plusieurs personnes le 12 octobre. Pourtant, le gouverneur de l’État de Rivers a déclaré à l’organisation : « Il n’y a pas eu de tirs, aucune fusillade et personne n’a été tué ni blessé ce jour-là. En fait, il ne s’est rien passé du tout. »

« Le problème de l’impunité n’est que trop bien ancré au Nigeria, a estimé Lucy Freeman. Le gouvernement ne peut se contenter de fermer les yeux sur les atrocités et les atteintes aux droits humains commises par ses forces de sécurité. »

La force meurtrière et les armes à feu doivent être utilisées uniquement dans des circonstances justifiées au titre des normes et du droit relatifs aux droits humains et les armes à feu doivent être considérées comme potentiellement meurtrières en toutes circonstances et à tout moment.

Le recours excessif à la force employé par les forces de sécurité nigérianes dans le quartier de Bundu viole les obligations et les engagements internationaux du Nigeria en matière de droits humains.

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