Communiqué de presse

Nigeria. La Banque mondiale « traîne des pieds » sur un programme de réinstallation après une expulsion forcée de grande ampleur

Un an après que des bulldozers ont rasé les habitations des quelque 9 000 habitants d’un village qui devait bénéficier d’un projet financé par la Banque mondiale dans l’État de Lagos, le gouvernement de cet État et la Banque mondiale n’ont pas tenu leur promesse d’indemniser comme il se doit ces personnes et de les réinstaller, a déclaré Amnesty International.

« Des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants de la communauté de Badia-Est sont sans domicile depuis un an ; dans de nombreux cas, des familles sont séparées, des enfants ne peuvent pas aller à l’école et leurs parents luttent pour travailler, a déclaré Oluwatosin Popoola, spécialiste du Nigeria au sein d’Amnesty International.

« Cette communauté souffre à cause des actions irresponsables du gouvernement de l’État de Lagos et du fait que la Banque mondiale ne prend pas les mesures nécessaires pour s’assurer que les personnes censées bénéficier de ses projets ne soient pas expulsées de force de chez elles. »

Les habitants de Badia-Est n’ont pas été consultés en bonne et due forme ni prévenus dans un délai suffisant avant que des bulldozers accompagnés de policiers armés n’entrent dans leur village le 23 février 2013. La plupart n’ont pas eu le temps de récupérer leurs affaires avant le début des opérations de démolition.

Les hauts responsables du gouvernement de l’État de Lagos n’avaient même pas reconnu que plus de 9 000 personnes vivaient sur place, affirmant que cette zone était une décharge publique.

Pourtant, des images satellite, commandées par Amnesty International, du site avant et après l’expulsion montrent clairement d’abord une zone densément peuplée, puis toutes les structures rasées.

À la suite de cette expulsion forcée et des pressions des habitants et des organisations de défense des droits humains, le gouvernement de l’État de Lagos, en collaboration avec la Banque mondiale, a accepté d’élaborer et de mettre en œuvre un Plan d’action en faveur de la réinstallation pour les résidents de Badia-Est, conformément au Cadre de politique de réinstallation de la Banque mondiale. Cependant, la Banque mondiale n’a pas communiqué le projet de Plan d’action en faveur de la réinstallation aux habitants de Badia-Est, si bien qu’ils n’ont pas pu se prononcer sur son contenu.

Ce Plan, qui doit prévoir des indemnités suffisantes et des aides à la subsistance, n’a toujours pas été finalisé.

« Des familles subissent les conséquences de cette expulsion forcée depuis un an maintenant et leur situation ne peut que s’aggraver car le gouvernement de l’État de Lagos a récemment réduit le dispositif d’indemnisation, déjà insuffisant, a déclaré Oluwatosin Popoola.

« Il est temps que la Banque mondiale prenne des mesures concrètes pour montrer qu’elle assume ses responsabilités pour n’avoir pas veillé à la conformité des projets qu’elle finance vis-à-vis des normes relatives aux droits humains et de ses propres garanties. »

Au vu de la terrible situation des personnes expulsées de force et des violations des droits humains qu’elles ont subies, la Banque mondiale doit faire le nécessaire pour que l’indemnité proposée soit versée immédiatement aux intéressés sous forme d’aide financière d’urgence. Elle doit en outre s’assurer que le Plan d’action en faveur de la réinstallation soit rendu public, que les personnes concernées soient consultées à son sujet et qu’il respecte les règles de la Banque mondiale et les normes internationales relatives aux droits humains.

Amnesty International a relevé le caractère systématique des expulsions forcées effectuées par les autorités de l’État de Lagos.

« Le gouvernement nigérian doit imposer un moratoire sur les expulsions de masse le temps d’adopter des lois permettant de protéger les citoyens des expulsions forcées, qui sont interdites par le droit international », a déclaré Oluwatosin Popoola.

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